Deux mois de prison ferme pour l'employé municipal de Sedan qui avait tabassé, le week-end dernier, sa compagne enceinte de 8 mois.
UN employé municipal de la ville de Sedan, âgé de 40 ans, avec un casier judiciaire vierge a été condamné par les juges du tribunal correctionnel de Charleville-Mézières, mercredi dans le cadre d'une comparution immédiate, à 12 mois de prison dont 10 mois de sursis et mise à l'épreuve pendant deux ans, pour avoir frappé sa concubine, malentendante, enceinte de 8 mois et placée sous curatelle renforcée. Un mandat de dépôt a été délivré à l'audience. Il effectuera les deux mois de prison ferme à la maison d'arrêt de Charleville-Mézières.
Les faits de violence se sont déroulés, dans la nuit de vendredi à samedi, dans la maison du couple à Balan. L'homme qui avait participé à un barbecue chez des voisins est rentré, un peu après minuit, visiblement ivre. Pour des raisons qu'il n'a su expliquer ni aux policiers lors de la garde à vue, ni au tribunal, il a tabassé sa concubine, âgée de 25 ans. Un déchaînement de violence qui s'est poursuivi malgré l'intervention de sa fille de 12 ans présente sur les lieux et qui n'a pris fin que grâce à l'intervention du père de la victime que l'enfant était allée chercher.
Lorsque les policiers sont arrivés sur les lieux, la compagne avait le visage ensanglanté. Elle avait aussi un hématome à l'œil droit et se plaignait de douleur dans le bas-ventre.
En raison de sa grossesse avancée - 8 mois - la victime a été prise en charge par les sapeurs-pompiers qui l'ont transportée au centre hospitalier où elle a été placée en observation.
L'auteur des faits a été entendu par les policiers puis laissé en liberté. La victime a refusé de porter plainte contre son compagnon.
Le parquet a jugé les violences suffisamment graves pour demander l'interpellation et le placement en garde à vue de l'homme. Lorsque les policiers sont venus le chercher lundi en fin de matinée, sa compagne, rentrée au domicile dès sa sortie de l'hôpital, lui a demandé de se cacher dans le grenier car elle ne voulait pas qu'il aille en prison.
Un an de prison ferme requis
La jeune femme a finalement porté plainte contre son compagnon. Plainte qui est arrivée au tribunal alors que le procès avait déjà commencé.
Au cours de l'audience, le prévenu a expliqué qu'il vivait avec sa compagne depuis le mois d'août 2011. « Je reconnais avoir fait une grosse connerie mais je vous jure que je ne me souviens pas des faits. Je ne voulais pas lui faire ça. Lorsqu'elle m'a raconté j'ai eu mal au cœur. Je regrette ! Je n'ai pas envie que cela recommence. Je veux me soigner contre l'alcool ».
Le procès a permis de révéler l'addiction à l'alcool du prévenu. Tous les rapports expliquent que lorsqu'il n'a pas bu, il est doux comme un agneau mais lorsqu'il est ivre, il devient agressif.
Des comptes rendus mais aussi des mains courantes de la police indiquent que le prévenu n'en était pas à son premier fait de violence. Il y a quelques mois, il avait asséné plusieurs gifles à sa compagne, ainsi qu'à son ex-femme. A chaque fois, il était alcoolisé.
Dans son réquisitoire, le parquet a réclamé une peine d'un an de prison ferme avec mandat de dépôt à l'audience : « L'objectif de cette comparution immédiate est de protéger la victime. Il s'agit de quelqu'un de très vulnérable, placé sous curatelle ».
L'avocat de la défense, Me Phour a mis en évidence la situation sociale de son client et sa volonté de se soigner contre son addiction : « Il travaille depuis plus de 20 ans à la mairie de Sedan. Il est bien noté, le mettre en détention c'est compromettre son avenir professionnel. Il reconnaît qu'il n'aurait jamais dû frapper sa compagne, mais il reconnaît aussi qu'il a des problèmes avec l'alcool ».
Les juges ont pris en compte l'insertion du prévenu dans la société, il passera tout de même deux mois derrière les barreaux.
http://www.lunion.presse.fr/article/ardennes/ivre-il-tabasse-sa-compagne-enceinte-de-8-mois
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