
Alain Crémont
Dans le combat collectif que nous menons contre la propagation
du Covid-19,
il n’y a pas de polémique à rechercher. Je veux ici expliquer
pourquoi
j’ai décidé de maintenir l’interdiction d’accès aux parcs
et jardins à Soissons.
En cette période inédite, comme je l'ai déjà écrit et
exprimé à plusieurs reprises :
nous devons toutes et tous faire BLOC ! Le temps
viendra pour l'inventaire.
Pour le moment, dans ma mission de Maire,
je me dois d'être pragmatique,
utile et efficace et de prendre des décisions qui tiennent
compte de problématiques locales.
Je ne suis pas un concurrent
de l'État,
je suis un partenaire !
A Soissons – et l’on peut comprendre la tentation
légitime des Soissonnais
de profiter de leurs espaces de respiration durant
cette période –,
nous observons beaucoup de rassemblements au
sein de ces espaces.
Or, protéger les habitants, ce n'est pas simplement
applaudir
tous les soirs 2 minutes pour remercier nos soignants
qui sont
en première ligne. Protéger les habitants, c'est éviter la
surcharge des urgences et des services de réanimation
en interdisant toute forme de rassemblements, dont
on sait qu’ils peuvent être source de contamination.
Pendant toute cette période de confinement, je me
dois également de
faciliter le travail des forces de l'ordre,
mobilisées quotidiennement
depuis plusieurs semaines et dont je salue le
travail remarquable,
mais qui ne peuvent contrôler tous les espaces
de la ville. Protéger,
c'est enfin faire respecter les nécessaires mesures
de confinement
décidées par les plus hauts responsables de l’Etat.
Ainsi, dès le 20 mars, suite à de nombreux
rassemblements, j'ai pris
un arrêté pour interdire les accès aux parcs,
berges, aires de jeux, etc.
Le 21 mars, le Préfet a pris un arrêté pour
interdire de la même
façon l'accès aux parcs, puis le 30 mars un
arrêté reconduisant
l’interdiction mais autorisant la traversée de
ces parcs et, enfin,
le 15 avril un arrêté levant l'interdiction en laissant
aux maires toute latitude
pour poursuivre ou pas cette interdiction, en fonction
des nécessités locales.4
Ce n'est donc pas une réduction des pouvoirs des
maires, c’est précisément
le contraire. Cela va d'ailleurs dans le sens des déclarations du
Gouvernement ce dimanche 19 avril qui met au cœur du
dispositif
de déconfinement le couple maires / préfets.
Et c’est fort de cette possibilité, offerte par les pouvoirs
publics,
et en responsabilité que j’ai pris la décision de
maintenir l’interdiction
d’accès aux parcs à Soissons, afin de protéger
au maximum la
santé des Soissonnais.
Mais protéger les Soissonnais, ce n’est pas uniquement
interdire,
c'est aussi accompagner les plus fragiles - notamment
nos ainés -
grâce à de nombreux dispositifs mis en place par la
ville et ses partenaires.
C'est proposer des aides à nos entrepreneurs, pour
leur permettre de
passer cette crise et redémarrer dans les meilleures
conditions possibles.
Ce sera aussi d'équiper tous les Soissonnais avec des
masques, accueillir
les enfants dans nos écoles en toute sécurité, leur
proposer une offre
d'activités ludiques, sportives et culturelles pendant
les mois
de juillet et août. Enfin, ce sera de permettre lors du
déconfinement,
le retour à une vie "normale" en toute sécurité, à l'image
de l'autorisation
demandée au Préfet de rouvrir le marché du samedi matin,
place Fernand Marquigny, en respectant une
organisation conforme
aux gestes barrières et de distanciation.
En somme, c'est une décision délicate et difficile que
d'interdire.
Mais cela fait aussi partie des missions d’un Maire lorsque
l’intérêt général le commande et, ce, au risque de
susciter frustrations
et interrogations.Si la situation de la pandémie
semble s'améliorer,
elle est encore fragile et le nombre de décès reste important.
Lorsque l'embellie sera durable, en accord avec le Préfet,
je reconsidérerais ces interdictions.
Alain CRÉMONT
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