dimanche 19 avril 2020

Interdire l'accès aux parcs et jardins, c'est d'abord se protéger !



Alain Crémont




Dans le combat collectif que nous menons contre la propagation du Covid-19, il n’y a pas de polémique à rechercher. Je veux ici expliquer pourquoi j’ai décidé de maintenir l’interdiction d’accès aux parcs et jardins à Soissons.
En cette période inédite, comme je l'ai déjà écrit et exprimé à plusieurs reprises : nous devons toutes et tous faire BLOC ! Le temps viendra pour l'inventaire. Pour le moment, dans ma mission de Maire, je me dois d'être pragmatique, utile et efficace et de prendre des décisions qui tiennent compte de problématiques locales. Je ne suis pas un concurrent de l'État, je suis un partenaire !

A Soissons – et l’on peut comprendre la tentation légitime des Soissonnais de profiter de leurs espaces de respiration durant cette période –, nous observons beaucoup de rassemblements au sein de ces espaces. Or, protéger les habitants, ce n'est pas simplement applaudir tous les soirs 2 minutes pour remercier nos soignants qui sont en première ligne. Protéger les habitants, c'est éviter la surcharge des urgences et des services de réanimation en interdisant toute forme de rassemblements, dont on sait qu’ils peuvent être source de contamination.
Pendant toute cette période de confinement, je me dois également de faciliter le travail des forces de l'ordre, mobilisées quotidiennement depuis plusieurs semaines et dont je salue le travail remarquable, mais qui ne peuvent contrôler tous les espaces de la ville. Protéger, c'est enfin faire respecter les nécessaires mesures de confinement décidées par les plus hauts responsables de l’Etat.
Ainsi, dès le 20 mars, suite à de nombreux rassemblements, j'ai pris un arrêté pour interdire les accès aux parcs, berges, aires de jeux, etc. Le 21 mars, le Préfet a pris un arrêté pour interdire de la même façon l'accès aux parcs, puis le 30 mars un arrêté reconduisant l’interdiction mais autorisant la traversée de ces parcs et, enfin, le 15 avril un arrêté levant l'interdiction en laissant aux maires toute latitude pour poursuivre ou pas cette interdiction, en fonction des nécessités locales.4
Ce n'est donc pas une réduction des pouvoirs des maires, c’est précisément le contraire. Cela va d'ailleurs dans le sens des déclarations du Gouvernement ce dimanche 19 avril qui met au cœur du dispositif de déconfinement le couple maires / préfets.
Et c’est fort de cette possibilité, offerte par les pouvoirs publics, et en responsabilité que j’ai pris la décision de maintenir l’interdiction d’accès aux parcs à Soissons, afin de protéger au maximum la santé des Soissonnais.
Mais protéger les Soissonnais, ce n’est pas uniquement interdire, c'est aussi accompagner les plus fragiles - notamment nos ainés - grâce à de nombreux dispositifs mis en place par la ville et ses partenaires. C'est proposer des aides à nos entrepreneurs, pour leur permettre de passer cette crise et redémarrer dans les meilleures conditions possibles. Ce sera aussi d'équiper tous les Soissonnais avec des masques, accueillir les enfants dans nos écoles en toute sécurité, leur proposer une offre d'activités ludiques, sportives et culturelles pendant les mois de juillet et août. Enfin, ce sera de permettre lors du déconfinement, le retour à une vie "normale" en toute sécurité, à l'image de l'autorisation demandée au Préfet de rouvrir le marché du samedi matin, place Fernand Marquigny, en respectant une organisation conforme aux gestes barrières et de distanciation.
En somme, c'est une décision délicate et difficile que d'interdire. Mais cela fait aussi partie des missions d’un Maire lorsque l’intérêt général le commande et, ce, au risque de susciter frustrations et interrogations.Si la situation de la pandémie semble s'améliorer, elle est encore fragile et le nombre de décès reste important. Lorsque l'embellie sera durable, en accord avec le Préfet, je reconsidérerais ces interdictions.

Alain CRÉMONT

Aucun commentaire: