mercredi 9 octobre 2013

Saint-Jean-de-Luz : frappée par son compagnon, elle le défend devant le tribunal

A 41 ans, Franck comparaît devant le tribunal correctionnel de Bayonne avec un casier judiciaire épais de douze condamnations. À la question du président Laurent Tignol, obligatoire lors d’une audience de comparution immédiate, le prévenu répond qu’il veut bien être jugé immédiatement. Il n’a pas d’avocat, mais il n’est pas venu seul. Son amie est assise au premier rang.
Franck était à la barre hier pour l’avoir frappée, et pour avoir neutralisé le bracelet électronique qu’il porte dans le cadre de l’aménagement d’une peine d’emprisonnement. Le 27 août, l'homme a manifestement trop bu. Il se rend au travail que lui a procuré le Service pénitentiaire de probation et d’insertion (SPIP) à Saint-Jean-de-Luz. Mais au vu de son état, son patron le renvoie à la maison. Son domicile est celui de sa concubine, à Saint-Jean-de-Luz, avec laquelle il a contracté un pacte civil de solidarité (PACS).

Le prévenu a du mal à expliquer les coups portés sur sa compagne, qui n’ont heureusement pas entraîné d’incapacité. « Cela fait cinq années, mais cela ne passe pas. J’ai l’impression que tout le monde est contre nous », assure le quadragénaire à l’allure androgyne, qui évoque des coups dont il aurait été l’objet, on ne sait pas venant de qui.
Le 27 août, le discours du justiciable a été en revanche sans ambages, sous l’effet de l’alcool, lorsque l’administration pénitentiaire constate que le Placement sous surveillance électronique (PSE), le fameux bracelet est désactivé : « Je m’en bats les couilles ». Venant à son secours, sa compagne lance : « Je ne lui en veux pas du tout. C’est un garçon très gentil et très calme ». Pour le ministère public, Marc Mariée saisit la balle au bond : « Vous n’étiez pas ensemble, avec son frère lorsqu’il a dérobé un couteau de collection ? » L’avocate au rabais reconnaît, puis jette des regards perdus, un instant.
Le procureur rappelle que c’est ce vol de couteau qui a fait l’objet de l’aménagement de peine bafoué par le prévenu le 27 août. « À force d’aménager l’aménagement, cela devient incompréhensible. Il en a fait un mode de vie. » Une vie déjà occupée pour un quart par de la prison. Car le prévenu a notamment été condamné pour extorsion de fonds avec acte de torture et de barbarie. Du passé.
Car, lorsque le président Laurent Tignol lui donne la parole en dernier, Franck assure qu’on ne l’y reprendra plus : « Je me suis battu pour avoir un bracelet électronique. J’ai fait des efforts, mais ce dérapage est la dernière fois. » Le tribunal a reconnu Franck coupable d’évasion à Saint-Jean-de-Luz alors qu’il était placé sous surveillance électronique, et de violence à l’encontre de sa conjointe. Il a été condamné à un mois et demi de prison

http://www.sudouest.fr/2013/10/09/evade-sans-bracelet-defendu-par-sa-victime-1193440-4018.php

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