mercredi 9 octobre 2013

Course-poursuite : à plus de 100 km/h dans les villages

Sur le banc des prévenus qu'il a rejoint menotté, Jean Siegler a l'air abattu. À 37 ans, il sait d'ores et déjà qu'il n'est pas près de revoir Aubervilliers (93), où il réside depuis des années. Placé en garde-à-vue le jeudi 3 octobre après une folle course poursuite dans le Compiégnois, il a été condamné lundi 7 octobre par le tribunal de Compiègne à 8 mois de prison ferme.

Jeudi dernier, Jean Siegler et deux amis se rendent à Trosly-Breuil, sur un parking, pour y vendre un véhicule. Tout se passe sereinement, jusqu'à ce qu'un véhicule de gendarmerie passe à proximité. Les trois hommes se précipitent alors vers leur voiture, un Renault Scénic, et s'enfuient. Jean Siegler est au volant. « On n'avait rien à se reprocher, mais j'ai peur de la police, c'est un traumatisme ! », explique-t-il.
 

À 140 km/h en pleine agglomération

 
Immédiatement, les militaires les prennent en chasse. Sirène, gyrophare... Une course folle s'engage. Les fuyards roulent à plus de 100 à l'heure dans Trosly-Breuil, doublent une file de voitures arrêtées à un feu de signalisation temporaire, obligeant les véhicules arrivant en face à monter sur le trottoir. Rebelote à Cuise-laMotte : un nouveau feu grillé. « Monsieur s'est cru acteur dans un film hollywoodien », raillera à l'audience le procureur.

Puis Berneuil-sur-Aisne, Rethondes, Choisy-au-Bac, à plus de 140 km/h en pleine agglomération. « Vous rendez-vous compte des conséquences que cela aurait pu avoir ? », interroge la présidente du tribunal. Réponse timide de l'intéressé.

Finalement, une autre patrouille de la gendarmerie, en se positionnant au Francport, met fin à la course poursuite. À ce moment-là, ils ne sont plus que deux dans la voiture. L'un s'enfuit vers la forêt. Jean Siegler escalade un portail et se retrouve dans le jardin d'un particulier. Les deux sont rapidement interpellés par les forces de l'ordre.

Le prévenu n'a plus de permis depuis trois ans. Ce qui pourrait expliquer sa fuite. Interrogé sur les faits, il reconnaît tout en bloc. « Je regrette vraiment ce qui s'est passé. J'ai 37 ans, je voudrais arrêter tout cela. »

Une contrition qui ne convainc pas le procureur, s'attachant au passé judiciaire du prévenu. Rebellion, menaces de mort, conduites sans permis, sans assurance, sous l'empire de l'alcool, délit de fuite, vols... Onze condamnations. « Et il s'agit de son 4 e refus d'obtempérer », assène le ministère public, réclamant deux ans de prison et son maintien en détention, « pour protéger la société de ses agissements. »

Les juges seront plus cléments, avec 8 mois ferme. Une déception, toutefois, pour Jean Siegler qui, prenant la parole en dernier avait déclaré : « Si je pouvais n'avoir que du sursis, ce serait bien. »


http://www.courrier-picard.fr/region/course-poursuite-a-plus-de-100-kmh-dans-les-villages-ia190b0n206804

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