Le verdict est tombé vendredi en milieu d’après-midi. Ancien gendarme, Jean-Michel Mesland, 66 ans, a été condamné à sept ans de prison par la cour d’assises de la Gironde, qui le jugeait depuis mercredi à Bordeaux pour tentative d’assassinat. Les juges ont cependant abandonné toute idée de préméditation en le reconnaissant coupable de tentative de meurtre.
Le 5 mai 2011, Cyrille Mesland était attablé chez lui, à Mios, avec sa famille, quand il a vu surgir son père qu’il n’avait pas vu depuis quatre ans. Le sexagénaire voulait discuter, convaincre son fils de jouer les intermédiaires. La vente aux enchères de la maison familiale de Gujan-Mestras dans le cadre de son divorce était pour lui un crève-cœur. Pire : un gouffre financier et le sentiment de se faire dépouiller après une vie de labeur.
Mais la discussion a tourné court. Le fils s’est retrouvé avec le canon d’une arme pointé entre les deux yeux. Détournant le pistolet, il a pu esquiver le coup tiré et échapper à une mort certaine. Il a finalement désarmé son père après une empoignade.
Jeudi, Me Isabelle Feniou-Piganiol, pour la partie civile, a redit l’émotion et la souffrance de Cyrille Mesland et sa certitude que son père voulait le tuer ce soir-là. Ne serait-ce que pour enfin atteindre sa mère. « Mais on ne va pas tuer le fils pour faire de la peine à la mère », s’est impatienté hier Me Benoît Ducos-Ader, en appelant à la mesure.
L’avocat de la défense a tout fait pour semer le doute dans l’esprit des jurés. Critique sur la procédure et l’absence de reconstitution judiciaire des faits. Dubitatif : « Qu’est-ce qui dit que le coup est parti volontairement et non dans la bagarre ? » Logique : « Ce n’est pas parce qu’il a été violent avec ses enfants il y a vingt ans que c’est un assassin. » Psychologue en citant l’expert : « C’est un drame familial commis dans un état colérique majeur qui a débordé ses possibilités de contrôle. » Factuel : « Il n’y a pas de mort, juste une incapacité de travail de dix jours. Et il a déjà fait vingt-huit mois de prison, cela suffit. » Compatissant avec le fils dont il redit, les yeux dans les yeux, ce que ne fera pas son client : prendre le statut de victime dans ce dossier. Optimiste : « Il n’y a pas que du mauvais en lui. » Et réaliste : « Il ne sait pas s’exprimer et ne fait pas bonne impression. »
La veille, avec feu et force, l’avocate générale, Dominique Hoflack, avait requis douze ans de réclusion criminelle. « Mais qu’est-ce qui vous a pris », s’est demandé à haute voix Me Ducos-Ader, accusant l’accusation d’avoir eu « une réaction épidermique » peu professionnelle.
La cour d’assises l’a en partie suivi en requalifiant les faits. En partie.
http://www.sudouest.fr/2013/09/14/sept-ans-de-prison-pour-tentative-de-meurtre-1168389-2780.php
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