Hier, c'était l'anniversaire de Gabriel. Mais le jour de ses 11 ans, l'enfant n'a pas beaucoup profité de sa mère, qui a passé la majeure partie de la matinée d'hier, tassée sur le banc des victimes, au tribunal correctionnel de Mont-de-Marsan, à écouter son ancien compagnon expliquer aux juges avec aplomb à quel point elle l'avait rendu « instable ».
Déjà condamné pour violences à l'encontre de la victime en 2010 - l'une des dix mentions noircissant son casier judiciaire - le prévenu a écopé hier d'une onzième condamnation : le tribunal a prononcé à son encontre une peine de deux ans de prison ferme pour violences volontaires et menaces de mort réitérées à l'encontre de son ex-compagne.
Le linge sale
Le 29 juin dernier au matin, il se présente au domicile de la jeune femme. Qu'importe l'interdiction d'entrer en contact avec cette dernière, prononcée en 2010 par le tribunal, l'homme vient vider son sac, au sens propre comme au figuré, puisqu'il en profite pour laver son linge sale chez la victime. Ce jour-là, il vient avant tout demander à la jeune femme d'avorter. À l'époque, elle indique aux enquêteurs que cet enfant est le fruit du viol que lui aurait fait subir le prévenu : aucune preuve en ce sens n'a toutefois été récoltée durant l'instruction pour étayer cette thèse et justifier des poursuites.
Toujours est-il que le tambour de la machine à laver n'a pas le temps de finir de tourner que les injures pleuvent déjà : la violence s'invite à la table du petit-déjeuner. Cette dernière aurait reçu des coups de ceinture, selon une amie, présente au moment des faits. « C'est totalement faux, répond le prévenu. Je me suis défendu car elle m'a agressé avec un couteau. J'ai attrapé le premier tabouret et je lui ai lancé dessus : elle est tombée. Cette femme était devenue complètement folle parce que je ne voulais pas d'enfant avec elle. On n'avait pas une relation assez saine pour ça. »
C'est le moins que l'on puisse dire, constate la présidente. Outre cet épisode de juin, la procédure contient des pages et des pages d'injures et de menaces, proférées par le prévenu à l'encontre de la victime sur Internet. Des termes « tellement affreux », que la présidente n'ose pas les lire publiquement. « Je l'ai peut-être menacée une fois, reconnaît le prévenu. J'étais toxico, j'ai pas trop de souvenir. Avec elle, j'étais instable : tous les quatre matins elle me mettait dehors. »
« Psychopathie »
Mais quand on lui montre la porte, le prévenu rentre par la fenêtre, au sens propre du terme. « Le volet était cassé », reconnaît-il lui-même.
Si bien que le 30 septembre dernier, il entreprend encore une fois de venir voir son ancienne compagne chez elle : la police intervient et le prévenu, alcoolisé, est finalement interpellé dans des conditions rocambolesques, dégradant au passage portail et clôture du voisinage. Pour l'avocate de la partie civile, Me Catherine Mattioli-Dumont, le prévenu « pourrit depuis trois ans la vie de la victime. À cause de lui, elle a vécu un enfer. Après leur rupture, il n'a eu de cesse de continuer de penser qu'elle lui appartenait. C'est la toute puissance. » Elle demande 1 000 euros de dommages et intérêts, mais surtout, une interdiction d'entrer en contact avec la victime.
Pour Stéphane Lambert, vice-procureur, le prévenu frise la « psychopathie pure et simple. » « Le fil entre cette salle d'audience et la cour d'assises est très ténu », note-t-il avant de requérir deux ans d'emprisonnement dont six mois assortis d'un sursis avec mise à l'épreuve pendant trois ans, comprenant une obligation de soins, l'interdiction d'entrer en contact avec la victime et une interdiction de séjour dans les Landes.
À la défense, Me Thomas Gachie « regrette que l'on puisse se permettre de tirer des vérités absolues de manière péremptoire » dans un dossier où ne figure pas d'expertise psychologique. « On a un casier judiciaire, une interdiction d'entrer en contact avec la victime, les faits, un échange de messages sur Internet, des menaces, et on veut mettre ça bout à bout pour dire qu'il est très dangereux. » Il demande un suivi.
Le tribunal a opté pour la prison ferme en condamnant le prévenu à trois ans d'emprisonnement dont un an avec sursis et mise à l'épreuve comprenant une obligation d'examen médical et de traitement, l'interdiction de paraître dans les Landes et d'entrer en contact avec la victime.
http://www.sudouest.fr/2012/11/14/a-cause-de-lui-elle-a-vecu-l-enfer-878307-3452.php
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