Ce jour-là, l’ex-avocat lui demande de venir « tout de suite et seul ». Bien qu’interloqué par cette sommation, ce d’autant qu’il vient toujours seul, l’aide se présente au domicile. Une fois entré, il se trouve face à un François Rozenbaum en furie. Qui l’accuse de lui avoir volé son passeport et les 200 € qu’il contenait.
Face aux dénégations de l’accusé, il frappe celui-ci à la tête avec la crosse de son pistolet Mauser 9 mm et, de l’autre main, lui assène des coups de couteau au bras gauche, avec lequel la victime tente de se protéger. L’agresseur n’en reste pas là et pousse le jeune homme en l’obligeant à descendre dans la cave. Puis, après avoir fermé la porte derrière lui, il lui glisse un stylo et du papier en lui disant de reconnaître noir sur blanc le vol du passeport et de l’argent.
« On a évité le pire »
Paniqué, le jeune homme va rester séquestré pendant deux heures. Jusqu’au moment où un coup de fil de son beau-frère lui rappelle qu’il a son portable sur lui. Il lui explique alors la situation, la police est alertée et c’est elle qui va venir le libérer, non sans avoir dû forcer la porte.Avocat de la victime, M e Dravigny souligne que le prévenu (absent à l’audience) avait préparé son agression. « Il a lui-même admis l’avoir ruminée tout l’après-midi », explique-t-elle avant de lancer : « Et on a évité le pire ! Sachant qu’il a dit dans son audition que ça ne s’était pas passé comme il le voulait parce qu’il n’avait pas pensé que mon client pouvait avoir son portable sur lui. »
La procureur Parietti ayant requis dix mois, dont quatre avec sursis et mise à l’épreuve avec obligation de soins, M e Vernier, pour la défense, va plaider l’atténuation de responsabilité.
« Il a perdu pied »
Rappelant que le prévenu a agi dans un état second, sous l’effet d’un cocktail d’alcool, d’anxiolytiques et d’antidépresseurs, il souligne que son client « est actuellement hospitalisé depuis un mois dans un hôpital de soins spécialisés où il tente de soigner ses souffrances psychologiques. C’était un confrère brillant, mais c’est un homme qui a perdu pied et n’arrive pas à se ressaisir. Il tient par ma voix à s’excuser, il n’était pas dans son état normal ».Le tribunal a condamné l’ancien avocat à douze mois de prison, dont six avec sursis et mise à l’épreuve avec obligation de soins, et à indemniser sa victime à hauteur de 5 000 € au titre des préjudices esthétique (les cicatrices au bras) et moral.
http://www.estrepublicain.fr/doubs/2012/10/11/il-sequestre-celui-qu-il-soupconne-de-l-avoir-vole
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