vendredi 14 septembre 2012

Jean Pinceel condamné à 13 ans de réclusion

«T U vas mourir… » La phrase est presque inaudible… Elle sort pourtant de la bouche de Jean Pinceel, 70 ans. Des paroles à faire froid dans le dos, d'autant qu'elles ont été prononcées alors même que sa femme, poignardée par surprise, tentait d'appeler les urgences ce 7 janvier 2011. « Je suis blessée. Je suis blessée… Aidez-moi s'il vous plaît. » « Tu vas mourir… »
Avec la froideur qui l'a qualifié tout au long de ce procès, Jean Pinceel a nié l'évidence. Jusqu'au bout. Pourtant les enregistrements sont là. Cinq enregistrements. Aussi terrible que cela puisse être, il a bien prononcé ces mots à la femme qu'il venait d'épouser deux mois auparavant et qui s'apprêtait à le quitter. Ces enregistrements et ses aveux ont suffi à emporter la conviction de la cour, ne serait-ce que par ses propos enregistrés et décortiqués tout au long de ces deux jours de procès d'assises. Jean Pinceel a commis l'irréparable. Il a été reconnu coupable du meurtre de sa femme.

« Tout s'est écroulé »

Même si son avocat, Me Repka, a tenté de replacer les termes dans leur contexte, ainsi que ce sentiment de jalousie qui l'habitait, rien n'y a fait. L'intime conviction l'a emporté. « À aucun moment il n'a voulu la mort de son épouse », a martelé son conseil. « Lorsqu'il a surpris la conversation avec sa fille, il a compris que la décision de sa femme était acquise, qu'elle allait le quitter. Là, tout s'est écroulé autour de lui. Il a vu son avenir remis en cause. Il était désemparé. Il a pris ce couteau, mais il ne voulait pas mettre fin à la vie de son épouse. Il n'a d'ailleurs pas réitéré son acte. Ce geste, il aurait très bien pu le retourner contre lui. »
Elizabeth Lalouette avait 51 ans. Il l'avait rencontrée en juin 2010 et épousée le 30 octobre de la même année. Deux mois plus tard, elle voulait le quitter. Il ne l'entendait pas ainsi. Alors qu'elle était assise, il l'a frappée froidement. Un geste rapide… avec une lame de 8 centimètres qui lui a perforé le poumon. Il a nettoyé cette lame… A-t-il eu le sentiment d'avoir accompli ce qu'il devait faire ? Gwen Keromnes, l'avocate générale, s'est posé la question. Pour elle, il ne faisait aucun doute que « Jean Pinceel a volontairement donné la mort à sa femme. Face à cette réalité morbide, il est seul responsable. Aujourd'hui, il s'inscrit dans un mécanisme défensif, car il ne peut admettre l'irréparable. Or, il a commis l'irréparable. L'explication en est la jalousie, même s'il dit ne pas se souvenir, et la peur de se retrouver seul. Ce n'est pas un crime passionnel. C'est un homme calme, qui a agi après avoir entendu la conversation qu'elle avait eue avec sa fille. Il a agi alors qu'il n'était pas sous l'emprise de l'alcool ou des stupéfiants, il n'était pas en état de choc. »
Jean Pinceel a été condamné à 13 ans de réclusion criminelle, une peine assortie d'un suivi socio-judiciaire de trois années. L'avocate générale avait requis 20 ans. Une condamnation qu'il a acceptée sans la moindre émotion. « Je l'aimais de toutes mes forces. Je regrette. Je n'imagine pas avoir fait un acte aussi terrible. Je l'aime toujours et tous les jours, je regarde sa photo… Je finirai ma vie en prison. »


http://www.lunion.presse.fr/article/marne/jean-pinceel-condamne-a-13-ans-de-reclusion

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