samedi 7 juillet 2012

Dix-sept heures de cauchemar pour un lycéen

À la mi-juin, un trio désœuvré a infligé toute une série de sévices à un lycéen de 18 ans rencontré dans la rue. Deux des agresseurs ont été arrêtés, le troisième court toujours.

SANS doute lui faudra-t-il du temps avant de pouvoir ressortir en ville, seul, sans éprouver la moindre crainte, tant les sévices endurés il y a quinze jours par ce lycéen de 18 ans sont de ceux qui s'impriment durablement dans la mémoire.
Il est 1 heure du matin, ce dimanche 15 juin. Le jeune homme regagne à pied le domicile de son amie lorsque trois individus alcoolisés l'abordent à proximité du pont de Vesle pour lui réclamer une cigarette. Refus.
Le trio le frappe d'un coup de poing au visage, l'attrape par l'épaule, lui extorque un billet de 5 € avant de l'obliger à vider ses poches.
Son lecteur MP3 et son portable changent de mains. Il détient également une carte bancaire utilisée dans un distributeur, sous la menace, pour retirer 20 €.
Le lycéen est ensuite amené dans le parc situé derrière la Comédie. Il est dépouillé de sa veste. Coups de pied et coups de poing s'abattent sur lui.
Avec le portable, le plus jeune des individus, âgé de 17 ans, commande des bières à une société de livraison de boissons alcoolisées. Rendez-vous est donné rue de l'Étape. Le groupe s'y rend avec la victime. En chemin, le mineur lui écrase une cigarette sur la joue, puis l'oblige à régler au livreur les 25 € de la commande.

Tondu dans la salle de bains

Terrorisé, le garçon n'ose rien dire. De même se laisse-t-il entraîner jusqu'au quartier de l'Europe, rue de Brazzaville, où la nuit se prolonge au domicile d'Olivier Ségovia, 35 ans, deuxième membre présumé du trio. Il est encore frappé. Le troisième individu, un certain Steven, le conduit dans la salle de bains pour s'y livrer à un acte ignoble : il lui rase intégralement le crâne, avec une tondeuse et un rasoir électrique, lui occasionnant plusieurs coupures (cinq centimètres pour la plus longue), tandis que le mineur appose un couteau sous sa gorge. « Si tu t'enfuis, tu es un homme mort ! », menace-t-il.

Libéré par des voisins

Il est 7 heures du matin. Les agresseurs ressortent avec leur victime pour se rendre à la boulangerie et au bureau de tabac de la place Jean-Moulin. Solidement encadrée, elle paye sans broncher 100 € d'achats.
A trop cogner, Steven s'est blessé à un doigt. Direction les urgences du CHU, tous ensemble, toujours à pied.
Steven soigné, départ pour le quartier Maison-Blanche, place de Lisieux, où la victime est encore obligée de payer alcool et cigarettes à la supérette et chez le buraliste. L'étape suivante est la rue de Dunkerque, devant l'immeuble de la petite amie d'Olivier Ségovia. Celle-ci s'inquiète de voir ce garçon qu'elle ne connaît pas, regard apeuré, visage tuméfié. Le trio s'éloigne. Des voisins en profitent pour faciliter la fuite de la victime vers un arrêt de bus. Peu de temps après, le mineur s'y précipite avec rage, mais il est trop tard : le lycéen est monté dans un bus. Il est 18 heures. A 20 heures, accompagné de sa famille, il se rend au commissariat pour déposer plainte.
Olivier Ségovia et le mineur sont retrouvés fin juin, Steven court toujours. Trois délinquants endurcis dont l'emprise sur un brave gamin trop gentil était trop forte pour qu'il puisse leur résister. Un voisin de la rue de Dunkerque l'a confirmé aux policiers : le lycéen avait tellement peur qu'il a dû insister pour qu'il prenne la fuite.
http://www.lunion.presse.fr/article/marne/dix-sept-heures-de-cauchemar-pour-un-lyceen

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