Pigeonné de 150 000 €
Quatre ans qui semblent bien longs aux victimes, qui ont l’impression d’une lutte à armes inégales avec l’ancien employeur du mis en cause. Certaines sont décédées entre-temps. Et la juge d’instruction chargée de l’affaire leur a fait savoir dernièrement que, surchargée, elle ne considère pas celui-ci comme prioritaire. Une chose est sûre, Dominique et Clarisse Bouquet ne lâcheront rien. C’est par eux que le scandale a éclaté, en 2008. Après un divorce, en regardant de plus près ses comptes auxquels elle ne prêtait guère attention, faisant une confiance absolue à l’agent AGF qui conseillait sa famille depuis des années, Clarisse comprend que les 260 000 € qu’elle a cru placer ont fondu et qu’il n’en reste que 60 000. « On ne pense pas à mal quand le salarié d’une grosse boîte comme AGF vient vous voir », se désole-t-elle. Avec son mari, elle demande des comptes au siège de la compagnie, à Paris. « On a compris qu’il nous avait escroqués. Ma mère avec », raconte Clarisse Bouquet. La vieille dame, aujourd’hui âgée de 95 ans, faisait, elle aussi, une confiance aveugle à cet expert si serviable, qui promettait des placements intéressants et l’emmenait retirer de l’argent à la banque. « Elle lui a fait 165 chèques et a perdu 420 000 €. Il ne promettait pas des rapports mirobolants, explique le mari de Clarisse, mais des avantages fiscaux. Il nous faisait remplir des formulaires de placements en blanc ». Dans le Pays-Haut, un commerçant, handicapé visuel a été aussi abusé : « J’ai été pigeonné de 150 000€, et ma mère aussi. Il disait qu’il avait des clients qui détenaient des bons de capitalisation anonymes d’AGF. Ces gens-là ne pouvaient pas les toucher tout de suite mais avaient besoin d’argent. Il me demandait de leur avancer de l’argent en liquide et me garantissait un bénéfice ».Discrétion d’Allianz
Les époux Bouquet ont été les premiers à déposer plainte. Ils se battent depuis quatre ans pour que leur préjudice soit reconnu et que les victimes soient indemnisées. Et ne comprennent pas pourquoi AGF, devenu Allianz, a été si discrète après avoir licencié son salarié pour faute lourde. « Si on avait averti à temps les clients de ce monsieur, on aurait évité d’autres détournements qui ont perduré encore pendant quinze mois », affirme Dominique Bouquet. Il ne comprend pas non plus pourquoi la compagnie n’a déposé plainte qu’en avril 2010, pour des faits dénoncés deux ans plus tôt.Avec son épouse, ils ont constitué une association de défense des victimes (tél. : 06 62 81 61 12). Ils savent qu’ils ne sont pas au bout de leurs peines. Allianz demande des pièces écrites pour preuve de leur préjudice. Beaucoup de victimes ont accepté de verser du liquide, celles-là auront du mal à être indemnisées. Et un procès n’est pas pour demain.
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