mercredi 14 mars 2012

La cour d'appel relaxe Mourad Mekki pour sa tentative d'évasion

Les affaires de Mourad Mekki ont pris un peu d'embellie. Celui que l'on présente comme le cerveau du braquage, en 2010, de la société Héroguelle - une entreprise de récupération de métaux précieux basé à Saint-Brice-Courcelles -, peut se réjouir d'avoir sensiblement réduit son temps de prison. Six mois, c'est en l'occurrence le gain de liberté obtenu par son avocat rémois, Me Christophe Barthélémy, devant la Cour d'Appel de Reims qui a relaxé le braqueur lyonnais de 38 ans, jeudi, du chef de tentative d'évasion. Une tentative qui lui avait coûté, au mois de décembre dernier, un an de prison ferme. Peine à laquelle s'étaient ajoutés six mois supplémentaires pour recels d'un bien illicite remis à un détenu, dont, en revanche, il a une fois de plus été reconnu coupable, écopant cette fois de douze mois d'emprisonnement. Mais tout compte fait, Mourad Mekki n'aura à purger qu'un an de prison au lieu des dix-huit mois prononcés en première instance.
Pour mémoire, le braqueur, déjà condamné en 2001, dans le Rhône, à dix ans de réclusion criminelle pour vols à main armée en réunion, avait été interpellé le 22 juin 2011, à Anvers (Belgique), par les policiers du SRPJ de Reims saisis de l'enquête portant sur le hold-up commis le 21 octobre 2010 au préjudice de la société Héroguelle. Les auteurs étaient alors repartis avec 6 kilos d'or, 60 d'argent, 230 grammes de platine, 300 de palladium et 25 de rhodium, soit un butin estimé à 240 000 euros. Deux autres Lyonnais, soupçonnés d'être son complice, avaient été appréhendés au mois de décembre, à Lyon, tandis que Mourad Mekki se trouvait incarcéré à la maison d'arrêt de Reims.

Des lames de scie dans du pain

C'est pendant cette période de détention qu'il avait été trouvé en possession d'une puce de téléphone portable et de quatre morceaux de lame de scie, le 17 novembre, lors de la fouille de sa cellule qu'il partageait avec quatre autres codétenus. Les lames étaient cachées dans un morceau de pain dur. Le personnel pénitentiaire avait en outre constaté des griffures sur trois barreaux.
Ces éléments n'avaient pas manqué de motiver la décision du tribunal correctionnel en première instance, la tentative d'évasion ayant été constituée, selon lui, par un commencement d'exécution - les lames et la présence de griffures sur les barreaux - mais aussi par le fait que l'acte avait été interrompu par une circonstance indépendante de la volonté du prévenu. Clairement, plusieurs témoignages laissaient entendre que Mourad Mekki avait décidé de s'évader et qu'un de ses codétenus l'aurait surpris en train de scier les barreaux. Le Lyonnais aurait dès lors cessé son entreprise.

« Un moment d'égarement »

Me Barthélémy, cependant, est parvenu à convaincre cette fois la cour d'appel de Reims que son client avait en réalité mis un terme de lui-même à son projet, faisant ainsi s'effondrer l'échafaudage des charges. « Il vivait mal l'arrivée d'un cinquième détenu dans la cellule qui en contenait déjà quatre, explique l'avocat. Il a eu un moment d'égarement et n'a scié qu'une minute trente avant de se rendre compte que cela faisait du bruit. Il s'est alors arrêté tout seul et, ne pouvant plus se débarrasser des lames, il les a cachées dans du pain. Du pain qui était déjà dur quand elles ont été retrouvées, ce qui démontre bien que les faits remontaient déjà à plusieurs jours et non préalablement à la fouille. »
Quant au recel, Mourad Mekki n'a jamais fait mystère de la provenance des lames. Elles avaient été récupérées dans la cour de promenade une dizaine de jours plus tôt. Régulièrement, des « missiles » contenant tout type d'objets sont en effet envoyés par-dessus l'enceinte à l'intérieur de la maison d'arrêt. La puce du téléphone portable lui avait par ailleurs été donnée par un autre détenu. Elle devait lui servir à appeler sa femme et ses enfants en Tunisie, mais il n'en a jamais eu le temps.
Bien que relaxé pour la tentative d'évasion, Mourad Mekki n'en demeure toujours pas moins mis en examen dans l'affaire du braquage de la société Héroguelle, instruite par la juridiction inter-régionale spécialisée (JIRS) de Lille. Niant jusqu'à présent toute participation, il avait cependant été interpellé à Anvers en possession de 26 kilos d'or. Ce qui ne plaide évidemment pas en sa faveur

http://www.lunion.presse.fr/article/marne/la-cour-dappel-relaxe-mourad-mekki-pour-sa-tentative-devasion

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