mardi 13 mars 2012

Crêpage de chignon entre la femme du maire et la 2e adjointe

De l'amour à la haine, il n'y a qu'un pas… À Warmeriville, petite commune de 2 177 habitants, personne n'ignore l'épisode peu glorieux qui s'est joué l'été dernier autour du maire, Patrice Mousel : un déchaînement d'insultes et de violence sur fond de trahison supposée.

«A bientôt au pays des rêves… A ce soir ». Lorsque Ghislaine Marie, la compagne de Patrice Mousel depuis 22 ans, a intercepté ce message sur le portable de son futur mari et maire de la commune, son sang n'a fait qu'un tour. D'autant plus en découvrant l'identité de la messagère : Nathalie Scotto D'Anielo, 2e adjointe au maire, qui plus est une amie de longue date. Pour elle, ce message ne peut prêter à confusion… A quelques mois de son mariage avec Patrice Mousel, son monde s'écroule.
Les explications des uns et des autres n'y feront rien. Le message aurait été envoyé par erreur. Il n'était pas destiné au maire, mais au compagnon de l'adjointe. La future épouse n'y croit pas. Son amie l'a trahie, son mari l'a trompée. Il y aurait eu d'autres messages, des photos… Elle veut et attend des explications… Elle va perdre tout contrôle au point d'inonder de messages téléphoniques malveillants l'adjointe : 30 appels et 5 SMS entre le 29 avril et le 5 juillet 2011. Une escalade qui va atteindre son paroxysme le 4 juillet 2011… L'adjointe va porter plainte indiquant avoir été agressée par la compagne du maire. Alors qu'elle rentrait chez elle vers 21 h 15, Ghislaine Marie l'aurait giflée, tirée par les cheveux… Le lendemain, elle recevra un nouveau SMS : « Ce que je t'ai fait hier, c'est rien. La prochaine fois, ce sera pire. Je te défigure ».
Hier, à la barre du tribunal correctionnel, l'épouse du maire - le mariage a finalement eu lieu en septembre 2011 - a reconnu les appels téléphoniques malveillants, mais nié toute violence. « Je voulais la joindre tout simplement. C'est vrai, il y a eu plusieurs messages. Je voulais des explications, c'est tout. Je ne l'ai pas touchée ! » Une affirmation à laquelle ni Me Beyer-Buchwalter, l'avocate de Mme Scotto D'Anielo, ni le procureur ne croient.
A Warmeriville, l'affaire pourtant privée a fait grand bruit, d'autant qu'elle a rapidement dévié. Au lendemain de la confrontation chez les gendarmes entre les deux femmes, Nathalie Scotto d'Anielo, adjointe au maire, déléguée à l'environnement, recevait deux courriers… l'un pour le retrait de sa délégation, l'autre pour le retrait de sa qualité d'adjointe. Un arrêt du maire en date du 25 octobre « pour perte de confiance » confirmera cette décision. « Des représailles » selon Me Beyer-Buchwalter. Cet arrêt sera finalement annulé suite au contrôle de légalité demandé par le préfet, mais prononcé légalement le 26 décembre dernier. Le tribunal administratif est actuellement saisi d'un recours contre ces décisions.

Un terrain passionnel

Me Couchou-Meillot, pour la défense de la prévenue, a évoqué le contexte passionnel de cette affaire, réfutant toute violence. « Il a dit à son épouse que ce message était une erreur. Or, il y a eu d'autres messages. Elle a trouvé une photo dans l'album photo du portable de son mari. Elle a cherché à avoir des explications. Son monde s'est écroulé. Il y a eu des appels quotidiens, plusieurs fois par jour, la nuit, des factures de restaurant… Ça l'a rendue folle ».
Hier, l'épouse du maire a été condamnée à 400 euros d'amende et à 500 euros de dommages et intérêts. Julie Demesse, substitut du procureur, avait requis quatre mois de prison avec sursis et 700 euros d'amende

http://www.lunion.presse.fr/article/marne/crepage-de-chignon-entre-la-femme-du-maire-et-la-2e-adjointe

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