mardi 13 décembre 2011

Montbéliard : violences contre une infirmière

Les effets d’une anesthésie sont parfois assez déroutants. Belinda le sait. Chaque fois qu’elle a été plongée dans les nimbes de manière chimique, elle a connu des réveils tonitruants. À tout le moins « nerveux », pour reprendre le terme de son avocate, M e Isabelle Triponney.
Le 17 mai dernier, l’Audincourtoise se rend à la clinique de Montbéliard pour se faire opérer d’un problème au niveau des cloisons nasales. Lorsqu’elle émerge des bras de Morphée, Belinda ressent de vives douleurs et demande des médicaments. Sans doute pas dans les formes. La politesse en moins, l’agressivité en plus.
Elle estime surtout que l’infirmière ne répond pas à sa demande avec suffisamment de promptitude. Elle focalise ses griefs sur la dame. Après les mots déplacés, viendront les maux physiques. Belinda fonce dans le bureau des infirmières. Elle agrippe la femme qu’elle a prise en grippe. Lui tire les cheveux. Donne des ruades à la volée pour repousser les collègues de la victime et lui assène, au passage, un coup dans le ventre. Le certificat médical fait état d’une griffure de 4 centimètres à la lèvre et d’ecchymoses (10 centimètres sur un bras) un peu partout sur le corps.

Les excuses

« On s’est empoignées », résume la prévenue, âgée de 28 ans. Elle dit regretter que l’infirmière ne soit pas là pour pouvoir lui présenter ses excuses. Elle se réfugie derrière les effets de l’anesthésie.
La procureur évoque les dispositions prises par le législateur en 2003 pour protéger les professionnels de santé « une catégorie qui paie un lourd tribut », note-t-elle. En conséquence, elle requiert 100 jours amende à 5 €. En clair, où Belinda, dont le casier judiciaire affiche deux condamnations pour des histoires d’escroquerie, paie 500 € où elle décroche un ticket pour 100 jours derrière les barreaux. M e Triponney invite le tribunal à « faire la part des choses ». Elle rappelle que sa cliente a toujours eu quelques petits soucis au réveil et qu’elle avait pris la précaution d’en aviser ses interlocuteurs lors de ses précédentes hospitalisations. À eux, donc, de prendre leurs dispositions et de se préparer à la tempête ?
Le tribunal a tranché. Ce sera 30 jours amende à 5 €. L’infirmière n’a pas sollicité de dommages et intérêts.
http://www.estrepublicain.fr/justice/2011/12/13/elle-avait-l-infirmiere-dans-le-nez

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