mardi 24 mars 2020

Hélène ou la force de croire en la vie...



SDIS de l'Oise (Page officielle des sapeurs-pompiers de l'Oise / SDIS 60)



Hélène ou la force de croire en la vie...
Hélène a 33 ans. A trois reprises en moins d’un an, elle a frôlé la mort. A chaque fois, elle s’est relevée, pour elle, ses enfants, sa famille. Elle a trouvé la force de nous adresser un courrier, qui s’adresse aux sapeurs-pompiers de l’Oise, et plus particulièrement à ceux de Maignelay-Montigny et de Compiègne, sans oublier les équipes du Samu, du centre hospitalier de Clermont et des forces de gendarmerie.
Je me présente. Hélène. 33 ans. Ex-aide soignante. 2 enfants. Louis, 2 ans, Valentin, 5 ans. Il y a un an, en revenant de travailler, j'allais avoir un AVP (accident de la route) qui m'enverrait à l'institut Calot de Berck sur Mer.
La rééducation, L'éloignement, la douleur, la peur, le deuil de mon métier que je ne pourrais plus exercer.
Mais je veux vivre. Alors je me bats. Je passe un concours en sortant de Calot en août que j'obtiens, je serai à présent assistante de direction dans mon centre hospitalier où j'exerce depuis 10 ans. Mais voilà, à l'aube de cette nouvelle vie, un matin où j'allais chez mon kiné une effroyable douleur thoracique accompagnée comme pour le jour de mon AVP me cloue au sol.
Le verdict tombe, je souffre d'une dysfonction sinusale cardiaque gravissime. Mon coeur peut s'arrêter à n'importe quel moment. Je serai opérée dans la foulée et suis porteuse depuis d'un PM (pace maker).
Je m'accroche après cette deuxième épreuve en quelques mois, et remonte la pente.
Mais voilà, un 6 décembre 2019, j'emmène mes enfants à l'école maternelle, je me sens essoufflée, comme compressée. Je décide d'appeler mon médecin traitant, qui me dira d'appeler tout de suite le 15, puis de le rappeler dans la foulée. Ce que je n'aurai jamais le temps de faire, ni pour le 15, ni pour lui. Car en fait, je m'effondre dans la chambre de mes enfants, et me dis que cette fois c'est la bonne: je vais mourir.
Je me sens partir. Je me réveillerai en réa à Compiègne. J'ai en fait une complication de ma chirurgie cardiaque : une péricardite aiguë.
Tout ceci pour juste vous dire : Merci !
Merci, car après 1 an de ces mésaventures, aujourd'hui je suis allée faire pour la première fois une longue marche à pied avec mes enfants (NDLR : le texte a été envoyé quelques jours avant le confinement). C'est peut-être rien pour vous, mais pour moi c'est me sentir vivante. Et pouvoir faire cette marche, moi qui adorait le sport c'est.......
Je ne saurai comment vous dire merci car ce 6 décembre, c'est vous qui êtes intervenus les premiers (après appel de mon médecin que je n'ai jamais pu rappeler comme convenu et qui s'est douté que j'avais un problème) , c'est vous comme pour mon AVP qui m'avait tenu la main, c'est vous quand j'entendais lorsque ce 6 décembre la mort faisait écho à vos voix que j'entends raisonner au loin.
Merci.
Et pour la petite anecdote, aujourd'hui pendant cette longue marche (2 km) mes enfants m'ont accompagné et Valentin se prépare comme il dit, il fait du sport pour devenir Pompier super héros.
Vous avez fait une vocation.
Et bien sûr je l'encouragerai à poursuivre ses efforts pour y parvenir .
Merci de m'avoir permis de vivre.
Hélène.
Hélène, nous vous remercions pour ce touchant témoignage, même si vous préférez le terme de "remerciements". Pour nous, toutes les vies sont précieuses. Votre message prend un sens tout particulier en cette période où le monde du secours et de la santé se bat pour la vie de milliers de personnes face au coronavirus.
La vie est magnifique alors préservez-vous. Restez chez vous, pour vous, vos enfants, vos familles. Le confinement n'est pas joyeux, on le sait, mais nous en sortirons tous grandis.
Les sapeurs-pompiers de l'Oise


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