mercredi 5 février 2020

Double meurtre : Martijn De Haan emporte ses secrets avec lui


Accusé de double meurtre, le Néerlandais Martijn De Haan a finalement été reconnu coupable, sans surprise, et a été condamné à 28 ans de réclusion criminelle.

 Martijn De Haan a été condamné, hier, à vingt-huit années de réclusion criminelle par la cour d'assises des Ardennes pour le double meurtre perpétré à l'encontre de Miguel Soares et Giuseppina Cali, le 16 septembre 2011, dans la résidence du « Buisson Robin », à Sedan. Une maison qu’il souhaitait leur vendre alors qu’elle ne lui appartenait plus (voir nos éditions d’hier). C’est moins que la perpétuité, ce qui avait été demandé en amont par le procureur de la République Daniel Bouriaud dans ses requisitions.

À la lecture de sa peine, l’homme, pas vraiment surpris, n’a manifesté aucune émotion particulière. Son conseil, Me Manil, qui a affirmé devant la cour plaider l’affaire comme il la pense et non comment son client la raconte, affichait une certaine satisfaction néanmoins.

Le jury a délibéré pendant près de 3 h 30



Quelques instants plus tôt, avant les délibérations du jury qui ont duré près de trois heures trente, Martijn De Haan a demandé pardon aux familles de ses deux victimes, qualifiant ses actes de « minables », sans pour autant apporter plus de précisions sur « les nombreuses zones d'ombre » évoquées mercredi par Me Chopplet, défendant les intérêts de la famille Soares. « Un crime crapuleux. » C'est en ces termes que l'avocat général a qualifié ce double meurtre. Des propos rejoignant ceux tenus par Me Ammoura, un des avocats des parties civiles, représentant les sœurs de Giuseppina Cali. « Faire les poches de ses victimes, dissimuler leurs effets personnels, passer un samedi (le lendemain des faits) très confortable en allant se faire une séance d'UV, ce n'est pas le comportement de quelqu'un qui panique mais celui d'une personne maîtrisant la situation », explicite le procureur.

Dans leurs plaidoiries, outre les nombreuses contradictions de l’accusé, les avocats des parties civiles ont notamment insisté sur deux points : quel intérêt avait Miguel Soares à posséder une arme, au moment des faits, alors qu’il était sous le coup d’une probation ? Car le meurtrier a toujours affirmé que le revolver du crime ne lui appartenait pas et qu’il s’est défendu en désarmant sa victime.

Mais aussi, à propos de la difficulté à soutenir l’état de légitime défense si Giuseppina Cali avait pu témoigner, ce qui expliquerait sa disparation à coups de crosse de pistolet après avoir pris une balle. « Le dossier bascule quand vous vous acharnez sur elle, attaque Me  Brazy. Tout aurait pu être bien plus simple. »

Le flou règne donc encore sur les circonstances de la mort des deux victimes. Il n’y a qu’une vérité, seul Martijn De Haan la connaît. Mais il ne l’a pas livrée.

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