L’affaire qui a été jugée ce mardi par le tribunal correctionnel de Bar-le-Duc n’a pas échappé à la règle. Et c’est dans le cadre d’une autre enquête que le prénom de Nicolas est sorti comme revendeur de stupéfiants qui se fournit à Bar-le-Duc et à Saint-Dizier. Et chez qui les policiers ont découvert un agenda. Un carnet qui a largement été au cœur des débats et dans lequel sont consignés des initiales et des chiffres du genre : B : 100, N : 40, KS : 2 800… Une comptabilité, n’a pas manqué de faire remarquer le président Le Fur en passant le prévenu à la question. « Il est à vous cet agenda ? » « Oui », « Pourquoi y avait-il écrit ça ? » « Je ne sais pas, ce n’est pas moi qui ai écrit ça. »
« Ma cliente est stressée. Elle a refusé ses avances. Mais ce n’est pas parce qu’on refuse quelque chose qu’on doit subir des menaces », a tenté de convaincre Me Julia Soriano, avocate de la partie civile, avant de réclamer 7 500 euros pour le préjudice.
À charge
Le ministère public, représenté par le procureur Glady, n’a pas manqué d’énumérer les éléments à charge concernant les stupéfiants : cinq témoins qui impliquent le prévenu, un agenda qui contient une liste de comptes, 80 grammes de cannabis trouvés chez lui. Le procureur a même fait le calcul à partir du fameux agenda pour arriver à « une somme de 14 000 euros d’endettement ».Un traitement du dossier que Me Carine Bourel en défense a considéré comme totalement à charge. « Si on veut que l’enquête soit indiscutable, il faut aussi chercher les éléments à décharge ». Qu’elle a énuméré : une description du fameux Nico qui ne correspond pas à son client, le fait qu’à l’époque du supposé trafic (entre juin 2017 et janvier 2018), son client marchait avec des cannes « et aucun ne s’en souvient ! Et ils sont tellement crédibles ces témoins qu’on ne vérifie pas », a regretté l’avocate. L’agenda « dont fait grand cas le ministère public », Me Bourel s’est aussi penchée sur son contenu pour remarquer qu’« il y en a un qui dit qu’il lui doit de l’argent et aucune trace dans l’agenda. Pas d’initiales. » Quant aux numéros de téléphone qui sont sortis au cours de l’enquête, « au final aucune ligne qui objectivement peut lui être attribuée. » Regrettant qu’aucun élément à décharge n’ait été recherché, l’avocate s’est accordée sur un point avec le parquet. « Oui on a retrouvé 79 grammes de cannabis chez lui. Oui il consomme. »
Trouvant des explications à des achats en espèces (la vente d’une moto, d’une voiture), l’avocate n’a pas eu gain de cause en plaidant la relaxe « sauf pour la consommation de stupéfiants. » Sa consœur non plus puisque si le tribunal a condamné le prévenu pour le trafic de stupéfiants, il l’a relaxé pour les menaces de mort et les appels malveillants.
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