jeudi 10 mai 2018

Affaire des empoisonnements : l’anesthésiste voudrait exercer en hôpital

L’anesthésiste de la clinique bisontine Saint-Vincent mis en examen le 6 mars 2017 pour sept empoisonnements avec préméditation, pourra-t-il à nouveau exercer une activité professionnelle ? Le Dr  Frédéric Péchier le saura le 23 mai prochain, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Besançon rendra sa décision ce jour-là. Les magistrats ont examiné mercredi sa demande de modification du contrôle judiciaire lui interdisant, entre autres, de quitter le territoire national et d’exercer sa profession. Dans leur ordonnance du 2 mars dernier, les juges d’instruction avaient rejeté pareille demande. L’audience devant la chambre de l’instruction sous la présidence de Gilles Raguin s’est tenue en public. Une première dans cette affaire « inconsistante en termes de preuves pénales et où les indices graves et concordants se dissipent au fur et à mesure de l’instruction », selon le défenseur Me Randall Schwerdorffer. Si le dossier risque de s’éclairer lors d’une prochaine audience consacrée à la demande de “démise en examen” du médecin, attendue avec impatience par la défense, des éléments encore peu versés sur la place publique, ont surgi lors des débats de ce mercredi.
« Je n’ai jamais fait de diagnostic précoce ni injecté d’antidote et je ne suis jamais entré dans un bloc opératoire sans qu’on m’y appelle », a déclaré le Dr  Péchier. Le ton calme pour redire son innocence, le médecin de 46 ans a souhaité pouvoir pratiquer des consultations anesthésistes. Il a contacté plusieurs hôpitaux parisiens : « Ce sont des CHU et ils manquent toujours d’anesthésistes. Je parle de faire des consultations de bilans préopératoires pour déterminer l’anesthésie la plus adaptée. On n’a pas accès au bloc opératoire ni aux produits, cela reste une consultation générale sans prescription ou juste celle d’une prise de sang ou de l’arrêt de tel ou tel médicament. »
Pour l’avocat général opposé à tout allégement du contrôle judiciaire, « la consultation préopératoire est un acte important et on ne peut avoir la garantie que le médecin n’aura pas accès à certains produits et qu’il n’y aura pas d’acte pouvant mettre en cause l’intégrité physique du patient lors de l’opération ».

Me Schwerdorffer : « La thèse du médecin Zorro est bidon »

Aujourd’hui, le Dr Péchier ne perçoit ni revenu ni la moindre indemnité journalière depuis quinze mois. Soulignant les contrecoups graves pour la vie du médecin et de sa famille, d’une instruction « ayant bafoué la présomption d’innocence et pouvant durer des années », Me Schwerdorffer a lancé aux magistrats : « La thèse du médecin Zorro est au-delà du bidon. Et le seul cas, le dernier, qui est celui des poches percées, où le Dr  Péchier intervenait au bloc, qui a fait le diagnostic précoce des anesthésiques locaux au vu des signes cliniques ? Ce n’est pas le Dr Péchier, c’est le Dr  Sylvain Serri, cela pose un sacré problème. » Pour précision et de source proche du dossier, l’expert médical mandaté ne comprend pas comment le Dr Serri a pu faire pareil diagnostic : au final, ce dernier a reconnu avoir posé deux diagnostics précoces permettant, grâce à l’antidote aussitôt prescrit, de ranimer des patients empoisonnés.
Ce contexte de rivalité et d’accusations entre médecins, Me  Schwerdorffer l’a toujours mis en avant en regrettant que les enquêteurs ne ciblent que le Dr  Péchier au prétexte qu’il est le seul à avoir exercé dans les deux cliniques bisontines marquées par ces affaires. Et l’avocat assène : « Qu’a fait le Dr  Péchier ? En quinze mois, les juges ne répondent toujours pas à la question. »
Empoisonnements : l’anesthésiste sous contrôle judiciaire demande à pouvoir faire des bilans préopératoirehttps://www.estrepublicain.fr/edition-de-besancons

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