mardi 9 décembre 2014

Trois personnes se défenestrent du 3e étage d’un immeuble après un incendie

C’était une horreur ! » Marie-José Portelette, une retraitée de 67 ans, est encore sous le choc. Elle habite au troisième étage du bâtiment situé au nº9 de la rue d’Anjou, à Épernay, dans la Marne. À côté même de l’immeuble qui a été le théâtre d’un incendie, dimanche après-midi.
Vers 15heures, les sapeurs-pompiers d’Épernay ont été appelés pour un feu dans une résidence de trois étages, sise au nº11. Un matelas a pris feu dans la cave. La fumée s’est propagée jusqu’au dernier étage du bâtiment par le biais des parties communes. Elle a même envahi la cage d’escalier de l’immeuble d’à côté.
« Je m’apprêtais à regarder la télévision lorsque j’ai senti une drôle d’odeur, raconte Marie-José Portelette qui vit toute seule dans son appartement. J’ai ouvert la fenêtre de ma chambre. Un voisin m’a dit qu’il y avait le feu et qu’il ne pouvait pas sortir de chez lui. Je me suis habillée vite fait, j’ai descendu les trois étages et je suis allée dehors. Là, j’ai vu un homme en sang par terre… » Pris de panique, un père de famille de 26 ans, qui habite au troisième étage, juste à côté de l’appartement de Marie-José Portelette mais dans l’autre résidence, a jeté ses deux enfants, âgés de 6 mois et 2 ans, par la fenêtre pour les sauver.
Ces derniers ont été rattrapés par des habitants qui se trouvaient en dessous. Le père a ensuite sauté, se blessant grièvement. Une trentaine de sapeurs-pompiers d’Épernay, Tours-sur-Marne, Montmort et Vertus ont été dépêchés sur place. Ainsi que le Smur d’Épernay. Le jeune homme a aussitôt été transporté au centre hospitalier d’Épernay. Tout comme ses enfants, légèrement blessés. Les soldats du feu ont pu, en revanche, sauver la mère de famille qui se trouvait à la fenêtre. Pour cela, ils ont déployé l’échelle aérienne. « Dehors, des personnes pleuraient, précise Marie-José Portelette. Les gens étaient traumatisés… » L’incendie a, quant à lui, pu être rapidement maîtrisé.
Les locataires des deux immeubles, ainsi que d’un troisième situé au nº7 de la rue d’Anjou, ont été évacués. Ils ont été regroupés à l’école maternelle publique Saintonge, implantée juste en face.

Huit familles à reloger

« On nous a tout d’abord donné des couvertures de survie. Puis, à l’intérieur de l’établissement scolaire, on nous a fait des examens, déclare la retraitée. J’avais mal à la tête et ma tension était montée à 20. On m’a alors conduite à l’hôpital. » Cette veuve fait partie des douze victimes évacuées. Si elle a pu rentrer chez elle trois heures plus tard, ce n’était pas le cas des huit familles qui vivaient dans le bâtiment en feu. Sept d’entre elles ont été hébergées par la Ville d’Épernay à l’hôtel 1re classe, la huitième famille étant à l’hôpital. Également sur place, le maire UDI d’Épernay, Franck Leroy, a apporté son soutien. Hier, l’Effort rémois, l’organisme logeur, s’activait à trouver des solutions de relogement pour ces huit familles. « Soit dans notre parc immobilier, soit à l’hôtel ou autre », indique Nathalie Remus, chargée de communication. Les experts ayant examiné les lieux, des travaux seront entrepris pour refaire la cage d’escalier de l’immeuble du nº11 de la rue d’Anjou. « En milieu de semaine, les familles devraient pouvoir regagner leur logement », annonce Nathalie Remus. Pour l’heure, la police a ouvert une enquête pour déterminer les causes exactes du sinistre.
Ce n’est pas la première fois qu’un tel incendie se produit dans ce bâtiment de l’Effort rémois. Selon Marie-José Portelette, un matelas avait déjà pris feu l’an dernier un peu avant Noël, « mais il n’avait pas pris de telle proportion ». Cette retraitée avoue qu’elle a « peur » comme d’autres habitants qui se sont exprimés sur Facebook. « Toutes les semaines, il y a quelque chose d’autre dans le quartier : des feux de boîte aux lettres, de voitures… Je veux déménager. »

http://www.lunion.com/accueil/trois-personnes-se-defenestrent-du-3e-etage-d-un-ia0b0n453495

Aucun commentaire: