Deux jeunes ont sévi en s’attaquant à des bureaux de tabac, le 22 février 2013. Ils ont été condamnés, ce mardi, en correctionnelle.
Le 22 février 2013, Jérémie Mengelle et Mohamed Mansour étaient âgés de 19 et 20 ans. « Des gosses », résume Me Antoine Tugas, l'avocat de l'employée du tabac de La Rochefoucault, à Anglet, qui s'est retrouvée avec un pistolet sur la tempe. « Habituellement, les gosses viennent acheter des bonbons et elle les voyait arriver avec le sourire, mais, ce jour-là, elle a vu la mort. »
Me Tugas s'adresse au tribunal correctionnel de Bayonne, mais il plaide comme devant un jury de cour d'assises. Les deux jeunes majeurs ont échappé de peu au qualificatif criminel, restant dans le registre, moins lourd socialement, de la délinquance : cette affaire de vol avec violence, en réunion et à main armée a, après avis de toutes les parties, été correctionnalisée.
Nouvelle version à l'audience
Laurent Tignol, président du tribunal, retrouve ses réflexes de président de cour d'assises qu'il fut auparavant. Il cuisine Mohamed Mansour sur la participation aux braquages que l'intéressé nie farouchement. À force de renvoyer la balle, le jeune homme se contredit, frise la gaffe, se rattrape aux branches…
Pas très convaincant et ce, malgré le « scoop » lancé à l'audience par son coprévenu, Jérémie Mengelle, qui entend le disculper totalement. Le revirement n'a pas convaincu le tribunal : si Mansour n'est pas complice, qui est-ce ? « Je ne peux pas le dire », explique Mengelle, toxicomane aux multiples dettes, sous pression de ses dealers. C'est ce qui explique les braquages, seule solution pour se procurer de l'argent.
Le faisceau d'indices détaillé par le procureur le conduit à demander quatre ans de prison, dont un avec sursis.
« Dédouané »
Me Nouhou Diallo demande au tribunal de s'appuyer sur des preuves accusant Mohamed Mansour. « Il n'y en a pas. Il y a des conversations téléphoniques qui laissent entendre des choses, il y a des probabilités, mais pas de preuves et pas de mobile, car Mansour n'a aucun intérêt à ce braquage. En plus, aujourd'hui, il est dédouané par celui qui l'a accusé. » La relaxe est demandée.
Me Binet, qui défend Jérémie Mengelle, se base, lui, sur le fait que ce délinquant primaire assume ses actes et a mis à profit son incarcération, depuis juin 2013, pour se libérer des stupéfiants. « Une condamnation à hauteur des réquisitions réduirait à néant ses efforts. »
Les juges ont infléchi les demandes du Ministère public, en condamnant les deux prévenus à trois ans de prison, dont un an avec sursis.
http://www.sudouest.fr/2014/05/07/trois-ans-de-prison-pour-les-braqueurs-1545884-3944.php
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