Sous l’égide du parquet de Metz, les investigations portaient sur un quinquagénaire amnévillois, connu dans la France entière pour sa passion des mygales, scorpions, papillons et autres insectes. Cet ancien coiffeur est également fiché par les services douaniers pour avoir été contrôlé, à de nombreuses reprises, lors de ses voyages en Guyane, Brésil, Mexique... d’où il rapportait des insectes vivants.
En octobre dernier, il avait notamment été verbalisé par les douanes pour détention d’animaux vivants.
Vivant du revenu de solidarité active (RSA), ce quinquagénaire effectuait deux à trois voyages annuels dans ces contrées où il passait environ six mois par an. Un train de vie « somptuaire » qui n’a pas échappé aux agents de l’ONC. Menée en collaboration avec le commissariat de police de Hagondange, la perquisition, pratiquée récemment, dans le pavillon de l’Amnévillois a corroboré tous leurs doutes. Les agents ont découvert 140 mygales ainsi qu’une dizaine de scorpions vivants sans compter plusieurs mygalons qui devaient être revendus en Allemagne moyennant 2.000 € pièce pour ces derniers.
« C’était une véritable caverne d’Ali Baba, confie Eric Weiland, responsable de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage de la Moselle. Il a fallu trois heures et demie à une dizaine d’agents pour perquisitionner toute l’habitation. »
« Des espèces extrêmement rares »
Il y avait 2.000 à 3.000 mygales mortes sur des présentoirs qui devaient être revendues sans oublier 2 m³ de présentoirs d’insectes divers tels que des papillons, scarabées en provenance de Nouvelle-Guinée ou de Madagascar. Des investigations loin d’être aisées. En effet, bon nombre de mygales même mortes dégagent des poils urticants qui ont causé quelques démangeaisons aux enquêteurs.« Certaines sont revendues entre 800 € et 1.000 € pièce, poursuit Eric Weiland. Il y avait des espèces magnifiques et extrêmement rares. » Une expertise de toutes ces espèces va être prochainement réalisée.
Reste que l’intéressé va être poursuivi pour non-respect des espèces protégées par la convention de Washington ainsi que pour des délits relatifs aux espèces protégées par le code de l’environnement sur le territoire national. L’ensemble des insectes vivants ont été saisis et placés, dans les Ardennes, chez une personne autorisée à les détenir.
L’enquête se poursuit. Pour l’instant, le parquet a ordonné le gel des avoirs financiers de l’intéressé.
« Au-delà de la protection de la nature, ce qui est intéressant dans ce dossier, c’est le bénéfice important lié à cette activité illégale. C’est apparemment une des plus grosses saisies d’insectes réalisées sur le territoire national en dehors des importations douanières. »
http://www.estrepublicain.fr/actualite/2014/04/17/un-trafiquant-de-mygales-dans-le-filet
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