Si l’on parle davantage aujourd’hui de la chasse à la palombe, il est un autre oiseau migrateur dont des chasseurs sont friands, à savoir l’alouette. Ainsi, depuis des décennies, aux alentours de la Toussaint, des nemrods italiens, principalement, se livrent à cette chasse sur plusieurs sites de l’Albret. Sur la commune de Calignac, séparée de Nérac par un chemin, la butte de Materet appartient à ces lieux privilégiés où les alouettes passent en grand nombre. Cette chasse est très réglementée. Si les miroirs sont toujours acceptés, un texte de 2003 stipule qu’ils doivent être dépourvus de facettes réfléchissantes. Par ailleurs, des quotas sont établis en fonction du type de pratique. En chasse traditionnelle, c’est-à-dire au filet, le prélèvement est fixé par saison à 15 000 oiseaux pour l’ensemble du département et à 85 par chasseur. Pour la chasse à tir, ce nombre est limité à 30 par jour et par chasseur.
Des amateurs ne respectent pas les règles, à l’image de l’un d’entre eux qui, pendant trois semaines, tire, selon des riverains de la butte de Materet, près de 200 coups de fusil par jour sans discontinuer, du lever du jour à la tombée de la nuit.
« On se retrouve plongé dans une ambiance de ball-trap et ces tirs incessants sont insupportables », raconte un voisin excédé qui a enregistré, avec satisfaction, l’intervention, samedi 26 octobre, d’inspecteurs de l’environnement (jouant notamment un rôle de police de la chasse) de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage qui ont pris un chasseur en flagrant délit et qui lui ont dressé une contravention.
Contrevenant confondu
L’affaire ne fut pas simple pour autant, pour les « policiers » qui, devant les dénégations du chasseur, lui ont expliqué qu’ils l’avaient observé pendant trois heures, en notant les 32 oiseaux abattus, alors qu’il n’en présentait que huit. En réalité, par un système sophistiqué de boîtes où il cachait les alouettes, le braconnier, qui pensait ainsi tromper la vigilance des inspecteurs, fut finalement confondu avec la découverte de 91 oiseaux, soit presque trois fois le nombre autorisé pour une journée. « Et encore, ajoute le voisin, les policiers ne l’ont surveillé que pendant trois heures. On peut penser que 150 à 200 oiseaux sont tués quotidiennement. Si l’on multiplie par le nombre de jours de chasse, on arrive à un nombre impressionnant qui pose question. Où partent ces bêtes, fruit d’un braconnage organisé ? »
Il poursuit : « Je n’ai rien contre la chasse et les chasseurs, mais je souhaite qu’ils respectent les règles parce que ces pratiques sont intolérables. En abattant les oiseaux à bout portant, ce n’est plus de la chasse mais du carnage. Cela fait des années que ça dure et il est temps que ça cesse. »
http://www.sudouest.fr/2013/11/09/l-alouette-canardee-au-rythme-d-un-ball-trap-1224111-3644.php
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire