Le député est formel : «Le risque est nul si on s’en tient au réseau de distribution qui est très réglementé. La fiabilité et la traçabilité y sont absolues. Le risque vient avec internet et les lois européennes qui nous ont obligés à autoriser la vente en ligne des médicaments qui n’ont pas besoin de prescription. Le danger pourra venir par la tentation d’aller sur d’autres sites pour commander autre chose. Mais il n’y a pas qu’internet, il y a la contrefaçon de médicaments qui entrent en France de manière illégale. Là encore les douaniers en saisissent régulièrement. La seule assurance, c’est de continuer à passer par notre extraordinaire réseau de pharmaciens», explique le député.
D’après un rapport de la Commission européenne paru en 2012, les médicaments contrefaits sont les premiers produits saisis aux frontières de l’Union européenne via le trafic postal. La contrefaçon (tous produits) générerait 250 milliards de dollars de revenus criminels par an, selon une estimation de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Un marché juteux qui attire, on s’en doute, toutes les convoitises. Autre secteur touché par la contrefaçon, et depuis plus longtemps, l’industrie du luxe.
Catherine Jubin, fondatrice de l’association des professionnels du luxe, s’occupe d’une quarantaine de sociétés comme Baccarat, Louis Vuitton ou Montblanc. «On surveille les évolutions de marché et on apporte des informations aux marques de luxe. On parle plus de contrefaçon sur les marchés émergents que sur les marchés matures. C‘est une menace pour la société, pour les entreprises et pour le consommateur. Tout l’argent de la contrefaçon c’est de l’argent sale. Il vient de réseaux mafieux et de la drogue, puis il se dirige vers la contrefaçon.
Comme le dopage
Une entreprise belge teste un procédé pour contrer les contrefaçons. Grâce à des systèmes de plus en plus sophistiqués, elle invente des puces et des hologrammes pour compliquer la contrefaçon.La lutte s’organise donc mais les fraudeurs ne restent pas inactifs. Les contrefacteurs se sont aussi sophistiqués avec le temps. C’est un peu comme le dopage dans le cyclisme. Au fur et à mesure qu’on innove sur les moyens de lutte, les faussaires font de même et s’adaptent à ces nouvelles technologies. Avant, une contrefaçon se voyait comme le nez au milieu de la figure. Aujourd’hui, de nombreux faux sont plus vrais que nature.
http://www.ladepeche.fr/article/2013/10/13/1730126-contrefacon-alerte-aux-faux-medicaments.html
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