Jeudi, 18 h 20, Maison de la presse, avenue de la Plage, à Arès. Alors que Joël Herbin discute avec un client, son épouse, Dominique, est derrière le comptoir. Un homme encagoulé et emmitouflé dans un foulard fait irruption, un couteau de boucher à la main. « La lame faisait 30 centimètres », estime Joël Herbin, qui voit le personnage se diriger vers sa femme et la menacer.
« Il hurlait qu’il voulait la caisse. Moi, j’avais peur pour ma femme. Alors je me suis mis à crier moi aussi pour lui faire peur. J’ai dit à ma femme de me passer la batte de base-ball mais elle était tétanisée, alors, pour la protéger, j’ai balancé à la tête du garçon un portant de confiseries. Ça l’a fait reculer et j’ai pu l’attirer au milieu du magasin. »
Joël Herbin explique qu’il « voulait lui montrer qu’il n’avait pas peur de lui ». En face, son agresseur ne renonce pas. « Il a essayé plusieurs fois de me poignarder, affirme le buraliste. Alors j’ai tenté de lui renverser un présentoir de livres. Le problème, c’est que le mobilier était très lourd, et c’est moi qui suis tombé à la renverse. »
L’incident permet à l’agresseur de prendre la fuite. Alertés, les voisins préviennent la gendarmerie, et un attroupement se forme vite devant l’enseigne. « C’est là qu’on m’a demandé qui c’était. La seule chose que je savais, c’est qu’il était jeune. Je pensais qu’il avait moins de 20 ans. Mais surtout, je savais que, quoi qu’il arrive, je reconnaîtrais ses yeux. J’avais trop vu son regard pour pouvoir l’oublier », poursuit Joël Herbin.
Et ce regard, quelques minutes plus tard, le gérant le recroise… devant son magasin. « Il avait changé ses vêtements et était tranquillement revenu se mêler à l’attroupement. Il était encapuchonné mais je l’ai aussitôt reconnu, explique le buraliste. Je suis allé le chercher et je l’ai traîné dans la boutique. »
Devant son visage découvert, Joël Herbin ne se doute pas encore de l’âge de son agresseur. « J’ai su qu’il avait 14 ans ! 14 ans… C’est dingue. Il était plus grand que moi, je mesure 1,70 m, et il était costaud. À 14 ans, on ne braque pas une Maison de la presse avec un couteau… »
Les buralistes expliquent avoir appris que le jeune homme avait prémédité son geste, relevant les horaires d’ouverture du magasin et utilisant Google Maps pour connaître les entrées et sorties du site.
Le garçon, qui habite également la commune, a reconnu les faits. L’enquête a été confiée à la gendarmerie. L’adolescent a été déféré au parquet des mineurs de Bordeaux qui a pris à son encontre une mesure éducative.
De leur côté, les Herbin ont rouvert leur magasin dès le lendemain. « C’est comme après un accident de voiture, estime Joël. Si l’on attend, on ne reprend jamais le volant. »
http://www.sudouest.fr/2013/10/08/braques-par-un-garcon-de-14-ans-arme-d-un-couteau-1192438-2735.php
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