«Il m’a roué de coups de pied et de poing. Maintenant, ma maison est toujours fermée. » Âgé de 81 ans au moment des faits, Robert, un habitant de Bergerac, a témoigné mardi devant la cour d’assises de la Dordogne
, à Périgueux, de la tentative d’extorsion de fonds et de l’agression dont il a été la victime, avec sa femme, alors âgée de 77 ans, le 19 mai 2010.
Depuis, sa vue a baissé, son corps a vieilli. Mais sa carrure imposante souligne la détermination dont l’homme semble faire preuve. Même si c’est assis qu’il a témoigné, mardi, c’est avec une voix claire et portante qu’il a raconté les détails de son agression. « Je regardais la télé avec ma femme quand j’ai vu par la fenêtre une ombre passer dehors. Un homme m’a demandé son chemin, j’ai à peine eu le temps de lui ouvrir la porte que j’avais le visage couvert de gaz lacrymogène. »
« Il voulait de l’argent »
Robert raconte que l’agresseur voulait de l’argent. « Je n’en avais pas. Il a frappé mon épouse qui a été projetée contre le fauteuil ; sans lui, elle aurait atterri contre le radiateur en fonte et ne serait sûrement plus là… Ma femme a attrapé le lampadaire pour lui donner des coups et m’aider à me dégager. » C’est à ce moment que l’octogénaire a pu se diriger vers la cuisine, où il voulait attraper un couteau. « Je me suis ravisé en me disant que ce n’était pas une bonne idée. » Pendant ce temps, sa femme sort de l’habitation et se réfugie chez des voisins, où elle réussit à prévenir les forces de l’ordre qui arrivent très vite sur place. « C’est une fois qu’on était dans le garage que l’homme a pris la fuite, par l’arrière de la maison », précise la victime.
La description qu’il fait de l’homme est tout aussi précise. « Assez grand et trapu, il portait des lunettes, une perruque et un couvre-chef. » Mais mardi, Robert n’a pas pu reconnaître son agresseur. Quand il se tourne vers le box des accusés, il se heurte à l’étincelante absence de l’intéressé. Christian Bauzet, 68 ans, dit vivre dans les Landes, mais il est en fuite depuis des mois. Il a déjà été condamné à plusieurs reprises pour des faits de vols avec armes. Seul son ami, Jean-Louis Campergue, un habitant de Prigonrieux âgé de 58 ans, est présent. Il est poursuivi pour complicité d’extorsion, mais nie toute implication dans cette affaire.
Quel rôle pour le complice ?
Ce n’est pas la thèse qu’a présentée mardi matin Thierry Latour, le directeur d’enquête de la police judiciaire de Périgueux. Il est revenu sur les faits en expliquant que ce 19 mai 2010, lorsque les policiers arrivent sur place, ils retrouvent une paire de lunettes qui appartient à Christian Bauzet. Ils retrouvent aussi un revolver à grenaille chargé dont le chien est cassé, laissé sur place par l’agresseur. Coïncidence ou non, ce revolver ressemble très fortement à l’arme que possède Jean-Louis Campergue.
De plus, Thierry Latour précise que la victime n’est autre que l’ancien propriétaire du beau-père de Jean-Louis Campergue. « En 2009, ce dernier était venu rendre visite à la victime pour lui demander des comptes. » Pourtant, lors des auditions, l’accusé poursuivi pour complicité disait ne pas connaître les lieux.
Le soir de cette tentative d’extorsion, les policiers de Bergerac ont également découvert un sac à dos et un blouson en cuir, abandonnés dans un fossé situé à une cinquantaine de mètres de la maison. « Dans la poche du blouson, on a trouvé une facture de téléphone au nom de Christian Bauzet. » Et pour les enquêteurs, il est clair qu’il fallait un complice au volant d’une voiture pour aider l’agresseur à quitter les lieux.
L’acte était-il prémédité ?
Les faits ont-ils été prémédités et donc, préparés ? Quel rôle exact a joué Jean-Louis Campergue dans cette affaire ? C’est, entre autres, ce que va devoir chercher à comprendre la cour d’assises, mercredi et jeudi. Une chose est sûre pour le moment : Christian Bauzet et son beau-frère ont bien passé la journée à Prigonrieux chez Jean-Louis Campergue. « Ils sont venus m’aider à faire des travaux dans ma maison.» Aujourd’hui, la personnalité des accusés sera évoquée. Le verdict est attendu jeudi.
http://www.sudouest.fr/2013/09/11/le-principal-accuse-absent-de-son-proces-1165253-1733.php
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire