vendredi 8 mars 2013

Pays de Montbéliard : l’aide à domicile tente de soutirer 6.900 € à un octogénaire

« Ce dossier a un caractère désagréable. Parce que la victime a 85 ans et parce que l’auteur est une aide soignante (NDLR : une aide à domicile, en réalité). Il est des comportements qui sont humainement plus choquants que d’autres. Je ne vais pas faire ici une leçon de moral parce que ce n’est pas mon rôle mais sachez, madame, qu’avec votre comportement, vous encourez l’interdiction d’exercer votre profession. Au-delà du caractère laid des faits commis, les conséquences pourraient être dramatiques… », tance Tiffany Gamain, au ministère public.
À la barre, une dame de 34 ans. Elle est poursuivie pour avoir volé quatre chèques, entre mai et juillet 2012, à l’homme dont elle avait la charge et d’avoir rédigé les quatre titres de paiement pour un montant total de 6.900 €.
De préjudice, il n’y a finalement pas puisque l’octogénaire a fait opposition. L’enquête n’a pas été bien compliquée pour aboutir à la voleuse qui avait indiqué son nom comme bénéficiaire.
À la barre, les sanglots ravalés et la voix chevrotante donnent le ton. La prévenue explique que son compagnon l’a abandonnée le 31 octobre précédent, avec un enfant de 11 ans sur les bras. « Il est parti avec les meubles et ne m’a rien laissé », renifle-t-elle. Dans la panade, tirant le diable par la queue, elle a fini par succomber à la tentation de cet argent facile.
Elle dit avoir demandé pardon à sa victime. Le vieil homme est présent dans la salle d’audience et souhaite s’exprimer. S’avançant péniblement à la barre, il dit : « Soyez indulgent avec elle. Elle le mérite ». Avant d’ajouter que la dame est toujours à son service. Qu’il l’a pardonnée pour ce « moment de faiblesse ». Qu’il comprend.

Déchéance des temps modernes

Le casier judiciaire de la trentenaire est vierge. Ce qui incite la représentante du ministère public, outre les paroles de la victime, à modérer la vigueur de ses réquisitions : « Compte tenu des antécédents de la prévenue et au regard de sa précarité, je requiers une peine de 1 500 € d’amende avec sursis. Bien évidemment, je ne réclame pas l’interdiction d’exercer. Ce serait disproportionné, vu sa situation. Mais sachez, madame, que de nouveaux faits de cette nature entraîneraient des réquisitions bien plus sévères… »
Me Yannick Barré, l’avocat de la défense, revient sur le contexte et sur cette déchéance des temps modernes : « Quand madame est passée à l’acte et a tenté d’encaisser les chèques, elle se trouvait dans une détresse matérielle extrême. Elle avait un découvert de 7 000 €. Avec son RSA et les travaux qu’elle accomplit, elle gagne entre 7 et 800 €. Elle fait partie de ces gens qui se lèvent tôt mais qui demeurent des travailleurs pauvres. On a affaire à un passage à l’acte très particulier. C’est une délinquance d’occasion ».
Message reçu cinq sur cinq par le tribunal. Si la culpabilité était imparable, la peine est mesurée : 1 000 € d’amende avec sursis et l’euro symbolique pour la victime. L’aide à domicile et son patient sont repartis ensemble. Comme ils étaient arrivés. L’histoire est désormais soldée. On n’en parlera plus…

http://www.estrepublicain.fr/justice/2013/03/07/pays-de-montbeliard-l-aide-a-domicile-tente-de-soutirer-6-900-a-un-octogenaire

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