Une information judiciaire est ouverte, la mère de famille est mise en examen pour homicide volontaire et placée en détention provisoire pendant sept mois. Une relaxe partielle est ensuite prononcée et elle est renvoyée en correctionnelle pour violences. Un expert a établi qu’il n’y avait « pas de cause violente directe » à la mort du père qui se trouvait dans un état de santé dégradé.
Il aurait eu l’habitude de s’absenter quelques jours et, au retour, de rester au sous-sol. Des témoins ont parlé d’un mari battu, s’enfuyant en slip dans la rue, se réfugiant en forêt. La prévenue conteste. Elle explique qu’elle a des différends avec ses voisins, dénonce « des ragots » et suggère que les secours « ont laissé tomber » son mari et sont responsables des blessures constatées. Une des filles témoigne et affirme avoir vu sa mère battre son père. « Je le conduisais chez le médecin, prenais ses rendez-vous. Pour quelle raison l’aurais-je agressé ? », lance la Naborienne.
Violence verbale
En 2007, elle a été condamnée pour des faits similaires. « Je n’avais rien fait », maintient-elle. Son mari, amateur de poker, aurait été battu par des joueurs. L’avocate du dernier enfant du couple, âgé de 8 ans quand son père est décédé, évoque son « traumatisme ».« Je vais essayer de faire émerger la vérité judiciaire », annonce le procureur de la République de Sarreguemines, qui évoque « la personnalité singulière de la prévenue ». Le magistrat pointe que « [s] a narration ne correspond pas à la matérialité des faits ». Il requiert une « sanction juste […] cohérente] » : trois ans de prison ferme.
L’avocat strasbourgeois de la prévenue produit des documents médicaux attestant de chutes fréquentes. « Il y avait indubitablement de la violence verbale. Comme des comportements violents réciproques. […] Elle a eu de plus en plus de répondant après avoir pris beignes sur beignes […] Ce n’est pas une femme qui martyrisait son mari. Ses enfants la soutiennent, son mari et elle s’aimaient ! » Le tribunal a suivi les réquisitions.
http://www.republicain-lorrain.fr/actualite/2013/03/13/mari-battu-trois-ans-ferme-pour-l-epouse
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