jeudi 21 mars 2013

Jumeaux tués sur l'île d'Oléron : leur père "veut toute la vérité"

Dix-huit mois après le drame, un terrible accident de la circulation survenu sur la D 734, Jean-Marc Delaurent n’est pas parvenu à faire le deuil de ses deux fils : Nathan et Quentin.
« C’est dur, c’est dur. Mais je me battrai jusqu’au bout pour savoir toute la vérité, pour établir toutes les responsabilités, y compris celle des gendarmes », explique-t-il, soulignant compter sur l’appui du médiatique avocat Gilbert Collard, devenu député apparenté Front national.

Tués sur le coup
Jean-Marc Delaurent dit qu’il n’a cure des opinions politiques du défenseur. Lui, il est toujours obsédé par cette nuit de 14 au 15 août 2011, peu avant 1 heure. Les frères jumeaux, âgés de 15 ans, circulaient à scooter lorsqu’ils ont été fauchés, non loin de la maison familiale de Dolus-d’Oléron, par un poids lourd de la société Nicollin qui arrivait en sens inverse.
« Ils revenaient de la Fête de la mer, au port de la Cotinière, avec des ami(e)s, également à scooter », raconte le père. Nathan et Quentin ont été tués sur le coup. D’autres adolescent(e)s l’ont échappé belle.
La justice poursuivait deux hommes pour homicides involontaires : Christophe Pezet, le chauffeur du camion, à qui il était reproché aussi un défaut de maîtrise, un excès de vitesse et un dépassement d’au moins une heure et demie de la durée de conduite ininterrompue autorisée.
Yann Penhouet, lui, se voit aussi reprocher un défaut de maîtrise et une circulation éloignée du bord droit de la chaussée. En fait, cet homme qui se rendait à son domicile, à Grand-Village, était ivre au guidon de son scooter.
Dans l’enchaînement des circonstances qui conduisaient au drame, il fit, dans un écart, chuter un premier scooter sur lequel se trouvaient deux jeunes filles faisant route avec les jumeaux et les précédant de peu. Arrivant en face, le chauffeur du camion faisait, lui, un écart sur la gauche pour éviter les deux adolescentes à terre. Le choc avec les frères jumeaux suivait.
Information judiciaire ouverte
Alors que l’instruction de cette affaire est toujours en cours et qu’une expertise et une contre-expertise ont été réalisées, Jean-Marc Delaurent est parvenu à établir avec son avocat, Me Gilbert Collard, que le scootériste ivre avait été contrôlé sous l’emprise de l’alcool au port de la Cotinière, durant la Fête de la mer, par des gendarmes. L’homme était alors à pied. « Il n’avait pas été placé en cellule de dégrisement et a donc pu prendre son scooter pour rentrer chez lui, à Grand-Village », insiste Jean-Marc Delaurent.
Aux gendarmes, le père de famille reproche de ne pas avoir alors pris les mesures adéquates envers cet homme alcoolisé. Selon lui, ce manquement a scellé le destin de ces deux fils. Directement ou par l’entremise de son avocat, il envisage de déposer plainte contre les gendarmes.
Le parquet de La Rochelle, à la suite de précédentes interventions de l’avocat de Jean-Marc Delaurent, a considéré, en décembre 2012, qu’il n’y avait pas lieu de mettre en examen pour homicides involontaires les gendarmes, « le lien de causalité n’apparaissant pas suffisant ».
Hier, la procureur de la République, Isabelle Pagenelle, indiquant que la juge d’instruction avait la possibilité, si elle le jugeait utile, de procéder à cette mise en examen, précisait avoir requis, en décembre dernier, la mise en examen de l’employeur de Christophe Pezet.
« Il s’avérerait que le poids lourd n’avait pas la possibilité de circuler le week-end, souligne pour sa part Jean-Marc Delaurent. Avec mon avocat, nous avions aussi transmis ce point au juge d’instruction. » Les investigations sur cette question sont toujours en cours.

http://www.sudouest.fr/2013/03/20/je-veux-toute-la-verite-999802-710.php

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