La scène se passe le 15 septembre dernier, à Geaune. Un père de famille furieux de découvrir un SMS envoyé à sa fille de 15 ans par un jeune du village avait imposé à son ado de donner rendez-vous au courtisan devant les arènes. Le « guet-apens » était tendu. Et le malheureux, attrapé et roué de coups par le père et l'ami qui l'accompagnait, n'avait rien pu faire d'autre que « se mettre en boule et attendre que ça passe ». Alors que la jeune fille implorait son père d'arrêter et que son complice semblait aussi vouloir l'inciter à se calmer, la victime avait pu partir en courant. Rattrapé au niveau du collège, il essuya une autre série de coups portés par le père. Jusqu'à ce qu'un autre homme intervienne et que les agresseurs s'enfuient.
Difficile pour le principal intéressé de justifier ses actes, ce mardi, à la barre du tribunal correctionnel de Mont-de-Marsan : « J'avais appris trois semaines plus tôt que ma fille avait été victime d'un viol. J'étais énervé, je n'ai pas réfléchi… »
L'argumentaire laissa le ministère public « sans voix ». « Vous vous présentez en père protecteur, mais vous ne croyez pas que vous avez encore plus traumatisé votre fille en tabassant ce garçon alors qu'elle vous suppliait d'arrêter ? », demanda la substitut du procureur, Véronique Fontan. Réponse gênée : « Si… »
Le président de l'audience, Francis Bobille, avait surenchéri : « Vous avez besoin de vous prouver que vous êtes fort ? Hé bien, montez sur un ring. Là, ce que vous avez fait, c'est trop facile. Et si vous voulez mon avis, ça ressemble grandement à l'attitude de quelqu'un qui voulait simplement taper du jeune. »
L'avocate des deux prévenus appelés à répondre de violences volontaires en réunion et avec préméditation avait tenté de calmer le jeu. « Il faut replacer les choses dans leur contexte, insista ainsi à l'audience Me Sylvie Lamouret. Mon client était très remué par cette histoire de viol et il a eu peur que sa fille soit prise pour un objet sexuel. Du coup, il a débloqué et son ami a suivi… »
Me Thomas Gachie, l'avocat de la victime de 19 ans ressortie avec sept jours d'interdiction de travail, souligna, quant à lui, « la violence » et surtout « la gratuité » de ce déferlement de coups consommé « en deux temps ».
Lors de ses réquisitions, la voix du parquet avait insisté sur les personnalités « extrêmement violentes » de ces deux mis en cause déjà condamnés pour des faits de nature similaire. Après délibération, le père et son complice ont respectivement écopé d'un an et six mois de prison ferme (aménageables sous conditions, NDLR). Ils devront également verser solidairement 2 350 euros à la victime et 254,31 € à la Caisse primaire d'assurance maladie.
http://www.sudouest.fr/2013/01/17/une-expedition-puni-tive-fermement-condamnee-936660-3371.php
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