Quatorze parties civiles, en l’occurrence les parents de des enfants, représentés par cinq avocats, quatre experts-psychiatres, un expert-psychologue, l’avocat général et le jeune Kevin. Le 13 décembre 2010, lui qui avait alors 17 ans avait, armé de deux sabres, pris en otage vingt-et-un enfants âgés de 3 à 6 ans , élèves d’une classe de l’école maternelle Fourier à Besançon. Kevin comparaît depuis ce matin à 9 heures devant la chambre de l’instruction. Il a de grandes chances d’être déclaré pénalement irresponsable. « Les conclusions des quatre experts-psychiatres et la psychologue sont concordantes, tous concluent à l’irresponsabilité pénale. Mon jeune client était dans une phase d’abolition du discernement lorsqu’il a agi. Il avait une personnalité très renfermée, très timide, décalée par rapport à la réalité, avec de graves conséquences somatiques. Il vivait dans un monde de philosophie, métaphysique, astronomie, une monde lui permettant de ne pas vivre le nôtre. En agissant, il a décidé de mettre fin à ses jours, il n’en voulait ni à l’institutrice ni aux enfants », souligne Me Christophe Bernard défenseur du jeune homme.
La comparution de Kevin devant la chambre de l’instruction correspond à la parfaite application de la loi du 25 février 2008 relative « à la rétention de sûreté et à la déclaration d’irresponsabilité pour cause de trouble mental ». Cette loi permet ainsi aux victimes et à leurs familles de suivre une audience publique pouvant aboutir au prononcé d’une décision d’irresponsabilité pour trouble mental remplaçant le non-lieu de principe. « C’est une façon de faire participer les familles de victimes à un procès . Les gens ont toujours du mal à accepter et à comprendre une déclaration d’irresponsabilité pénale. On entend souvent dire, dans ces cas-là , il va s’en tirer , on va dire qu’il est fou. Pour nous avocats , il y a une difficulté à expliquer aux familles », indique Me Roger Masson , partie civile de parents de trois enfants dont une fillette élève de l’école Fourier lors des faits. Aujourd’hui, Kevin a déménagé , quitté le quartier de Planoise où il vivait. Il a repris des études et est en 2° année de bac professionnel technicien d’usinage. Il est suivi au plan psychothérapeutique. « Il avait l’air perdu, prostré dans un coin mais on ne s’est jamais senti en danger », avait souligné l’institutrice après le dénouement de l’affaire. Kevin venait alors d’être neutralisé par une décharge de taser tirée par un homme du GIPN. La séquestration des enfants avait duré plus de quatre heures.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire