Cent mètres, à peine, entre sa maison et l'arrêt de bus. À 12 ans, ce collégien les parcourt à pied, chaque matin et chaque soir. Comme des milliers d'autres adolescents de son âge, qui refuseraient même que leur mère les accompagne devant les copains. Mais plus depuis jeudi dernier.
Ce matin-là, comme à son habitude, il est parti de la maison située à l'extérieur du bourg de Puymirol, vêtu d'un gilet jaune pour être bien visible des automobilistes, pour se rendre à l'arrêt du bus scolaire qui le dépose au collège La Rocal, à Bon-Encontre, à 7 h 45. À mi-chemin, il a vu, venant en sens inverse, une voiture ralentir et mettre les feux de détresse à sa hauteur. Sur ses gardes, le collégien a fait deux pas en arrière. À ce moment, il l'a certifié à sa mère, la voiture, une Volkswagen gris foncé d'après lui, a accéléré. L'adolescent s'est mis à courir. La voiture l'a poursuivi. Avant de pousser la porte d'entrée de la maison familiale située dans une impasse, il a dit avoir vu deux portières s'ouvrir.
« J'étais dans la salle de bains quand il est arrivé en criant. Je me suis vite habillée et je suis descendue, mais il n'y avait plus rien », raconte sa mère, encore retournée. Elle en est convaincue, ce matin-là, son fils a échappé à un enlèvement. Tout au moins à une agression. C'est comme ça aussi qu'elle a rapporté l'histoire à la gendarmerie. « Ça fait peur. On croit tous que ça n'arrive qu'aux autres. Mais quand on le vit… », témoigne cette maman de deux enfants.
Après avoir elle-même emmené son fils au collège, ce matin-là, elle a repris la voiture et inspecté les alentours. Mais rien. Juste, dans la tête, des questions qui tournent en boucle, depuis bientôt une semaine. « Est-ce que c'étaient des gens de passage ? Avaient-ils surveillé l'arrêt ? Et s'ils avaient réussi ? Qu'auraient-ils fait à son fils ? » Et le sentiment d'une réelle impuissance.
« Depuis qu'il est né, je suis superprotectrice », reconnaît la mère du collégien. « Là, j'avais justement décidé de lui laisser un peu d'autonomie. Finalement, je me dis que j'avais raison », lâche-t-elle dans un sourire crispé, tout en réfléchissant, en plaisantant à moitié seulement, à la possibilité de localiser son enfant grâce à une puce.
Depuis jeudi, en tout cas, son fils ne va plus à pied à l'arrêt de bus. Pendant longtemps encore, la petite famille se pressera un peu plus le matin et trouvera des arrangements le soir, avec la sœur ou la grand-mère, pour que l'adolescent soit systématiquement accompagné.
Les voisins aussi se sont mobilisés lorsque la maman leur a raconté l'histoire. L'un d'eux a d'ailleurs lui aussi croisé cette voiture ce même matin. À cet arrêt, ils sont deux ou trois à prendre le bus. Depuis le 7 décembre, un des parents reste avec eux jusqu'à ce que le car arrive.
http://www.sudouest.fr/2012/12/12/peur-de-l-enlevement-906428-3603.php
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