dimanche 16 décembre 2012

Floirac : une aide à domicile lui soutire 150 000 euros

L'aide à domicile a eu des difficultés à suivre l'audience qui lui était consacrée samedi après-midi devant le tribunal correctionnel de Bordeaux. Après avoir énoncé les faits, le président Alain Reynal l'a autorisée à s'asseoir. La justice lui reproche d'avoir abusé de la faiblesse du nonagénaire dont elle s'occupait, entre 2006 et 2009 à Floirac. Pour un montant d'environ 150 000 euros.
Des chiffres beaucoup plus importants ont été évoqués, mais avérés ou non, la prescription ne permet pas de remonter au-delà de 2006.

La prévenue, défendue par Me Alexandre Novion, nie en bloc et parle de la générosité de celui dont elle s'occupait pour expliquer les sommes reçues au travers de bons du Trésor, assurances vie et argent liquide.
Dans l'assistance, les trois fils du nonagénaire, aujourd'hui décédé, écoutent et s'agacent. Pour eux, il ne fait aucun doute que leur père a été abusé. Un père avec lequel ils étaient d'ailleurs plus qu'en froid depuis qu'il avait été condamné aux assises à cinq ans de prison avec sursis pour agression sexuelle sur un mineur, en l'occurrence sa petite-fille, au début des années 2000.
Un homme très vulnérable
Pour le vice-procureur, Marc Ottomani, dans l'affaire traitée hier, « l'abus de faiblesse ne fait pas de doute. Tout dans le dossier démontre le besoin de captation de l'argent ».
Me Caroline Gilbert, au nom des descendants « déshérités par les manigances autour de leur père, qui était dans un état de vulnérabilité extrême », demande la restitution d'au moins 78 000 euros et 5 000 euros de dommages et intérêts. L'avocat de la prévenue considère lui que le dossier a été bâti « sur l'a priori de l'aide à domicile et de la personne âgée affaiblie », mais que la réalité des éléments rassemblés lors de l'enquête de police, est selon lui très différente.
Le nonagénaire s'est retrouvé isolé après son procès aux assises. Pour l'avocat, « si cette femme n'avait pas été là à cette époque, cet homme, décédé en avril 2012, à l'âge de 94 ans, se serait peut-être effondré ». Il demande la relaxe. La décision a été mise en délibéré au 21 décembre.

http://www.sudouest.fr/2012/12/15/150-000-euros-soutires-910558-2874.php

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