Depuis quelques mois, rien ne va plus entre le centre 15 et les pompiers montbéliardais. Daniel Bertrand, vice-secrétaire général du bureau local, dénonce la non-application de la convention tripartite signée entre le SDIS (1), le Samu 25 et les prestataires privés : « Notre mission est d’intervenir dans les lieux publics pour des secours à personne et pour toute victime en détresse respiratoire. »
Or, le représentant syndical estime que cette mission de service est littéralement mise de côté : « Le nouveau chef de service du centre 15 privilégie les ambulances privées. Résultat : en cinq mois, nous avons perdu 80 interventions. ». Et de citer un exemple concret : « Dimanche dernier, il y avait la fête du CE de Peugeot à l’Axone. Nous sommes situés à quelques mètres. Nous avons vu passer une ambulance privée pour une personne victime d’un malaise », déplore Daniel Bertrand.
Le but n’est pas de défendre son bifteck, assurent les mécontents mais de montrer le « gaspillage financier » occasionné par de telles pratiques. « Un pompier coûte 95 € à un habitant. Il y a une part fixe de 41 € payée par le conseil général et une dotation des établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) qui varie. Sur le Pays de Montbéliard, cette part est importante, de l’ordre de 54 €. Mais en contrepartie, les habitants ne profitent pas de cette mise à disposition. Ils paient les services d’une entreprise privée. Les principales victimes, ce sont les gens et la sécurité sociale… », explique Olivier Raspiller, membre du bureau.
FO, qui affirme que 98 % du personnel montbéliardais est solidaire, a sollicité une réunion avec le chef de service concerné : « On a essuyé un refus. Nous avons alerté l’ARS [N.D.L.R : association régionale de santé] mais nous n’avons reçu aucune réponse. Notre direction nous soutient mais elle a les mains liées. ». À l’image de Jacques Hélias, certains élus ont déjà manifesté leur inquiétude par rapport à l’avenir du métier et du centre de secours principal de la zone du Pied-des-Gouttes qui, explique-t-on, est actuellement sous-exploité : « Nous demandons à ce qu’une nouvelle convention bipartite soit signée entre le SAMU et le SDIS. »
Par ailleurs, Force Ouvrière dénonce certaines conséquences de l’actuelle réforme des statuts. Elle bloque, selon les syndicats, la carrière de certains pompiers : « Par exemple, si les sergents ou sergents-chefs ne passent pas caporaux d’ici sept ans, ils auront moins de responsabilités par la suite. » Il se trouve que seules 28 personnes (sur 117 concernées) auront la chance de monter en grade : « Nous avons proposé des solutions, des financements internes pour que tous les intéressés puissent bénéficier d’un avancement. Mais la direction n’a même pas regardé nos analyses financières. »
http://www.estrepublicain.fr/territoire-de-belfort/2012/12/11/assignes-a-la-caserne
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