lundi 17 décembre 2012

Aix : rejugé pour avoir tué son ex- femme devant la gendarmerie

Il ne restait, par ce matin glacé du 10 janvier 2011, que quelques centimètres à Claude, pour atteindre le portail de la brigade territoriale de gendarmerie de Rousset, pousser le bouton de sonnette et obtenir de l'aide. Claude n'en aura pas eu le temps, poursuivie par son ex-mari et abattue au fusil de chasse de calibre 12.
Un homme, Jean Larsonnier, était interpellé rapidement par les gendarmes, après avoir remis l'arme dans la malle arrière de son coffre et tenté de prendre la fuite en voiture. En vain. Il était rattrapé quatre kilomètres plus loin, à Châteauneuf-le-Rouge, par des gendarmes qui s'étaient aussitôt lancés à sa poursuite, après la série de coups de feu tirés devant leur brigade.
Pendant ce temps-là, et malgré l'intervention des sapeurs-pompiers, Claude allait décéder, allongée entre sa voiture et le portail de la gendarmerie, atteinte de trois balles, touchée au bras et à la poitrine. Une sexagénaire discrète, employée dans une entreprise à Rousset et qui, parce qu'elle avait vu qu'elle était suivie par son ex-mari, venait demander de l'aide aux gendarmes. Cela faisait des semaines, des mois, qu'elle redoutait le drame et qu'elle était suivie, épiée, par celui dont elle avait divorcé en 2010. Lequel, depuis, semblait avoir formé le noir dessein de se venger d'elle et du passé.
Ce 10 janvier 2011, il était parti dans la nuit de Montpellier, où il vivait avec sa mère, jusqu'au domicile de la victime, installée à Pourrières. Là où elle vivait comme une recluse, cachée, craignant d'être retrouvée par celui qu'elle fuyait.
Peu après qu'elle était partie de chez elle pour aller travailler, installée au volant de sa Twingo, il avait commencé à la suivre. Une filature qui s'était terminée devant le portail de la gendarmerie de Rousset, comme l'épilogue annoncé d'un drame tissé au fil de longs mois d'angoisse. Elle avait d'ailleurs déposé plusieurs plaintes à l'encontre de son ancien mari, principalement pour des menaces de mort.
Et vivait dans la peur, allaient confier plusieurs de ses proches aux enquêteurs de la gendarmerie. Jean Larsonnier ne respectait pas l'interdiction qui lui était faite, par la justice, d'entrer en contact avec Claude. Bien au contraire. Lui, avait été hospitalisé d'office à plusieurs reprises.
Après le drame, Jean Larsonnier avait été placé en garde à vue, mis en examen pour assassinat et placé en détention provisoire jusqu'à son procès devant la cour d'assises des Bouches-du-Rhône, en juin dernier, présidée par Patrick Vogt.
A l'issue de ce procès, les jurés avaient suivi les réquisitions de l'avocat général Roland Mahy, condamnant Jean Larsonnier à la peine de 25 ans de réclusion criminelle. L'accusé avait interjeté appel de sa condamnation. Son procès en appel s'ouvre ce matin, devant la cour d'assises du Var, à Draguignan, et devrait durer trois jours.

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