« Effrayé à l’idée qu’elle puisse continuer », le ministère public a réclamé une interdiction professionnelle de cinq ans et une obligation de rembourser un préjudice évalué au total à plus de 475 000 euros. L’affaire avait éclaté par la plainte d’une dame qui avait découvert une collection d’actes infirmiers en faveur de sa vieille maman, alors que celle-ci ne suivait plus aucun soin. Une première enquête a révélé qu’une infirmière utilisait l’identité de la patiente pour se faire payer des actes inventés. En réalité, la Sécu venait tout juste de repérer Véronique P., qui affichait un total de 435 456 euros de remboursements pour la seule année 2010, soit sept fois la moyenne d’un infirmier libéral.
Des déclarations qui supposaient des journées de 28 heures de travail
Les investigations de la CPAM et de la police ont dévoilé une fraude de grande ampleur. Remplaçante occasionnelle dans un cabinet, l’infirmière libérale avait stocké des coordonnées de patients. Elle s’était aussi fabriqué de fausses ordonnances de trois centres hospitaliers de Lyon. Le tout, soigneusement enregistré sur une clé USB, lui a permis d’envoyer des actes complètement fictifs. Ses déclarations auraient supposé des journées de 28 heures pendant deux ans sans vacances. « Une atteinte intolérable à un système de protection sociale unique au monde », plaide M e Nathalie Simonitto. « Je ne me suis pas rendu compte, je suis partie dans une vrille », dit l’infirmière. À la barre, elle titube, tient des propos hachés et ne se souvient plus du nom de son psychiatre. Le tribunal découvre une femme à la dérive, percluse « d’un mal-être permanent » selon un certificat médical. « Une femme qui a peut-être voulu prouver qu’elle était une bonne mère », dit M e Petit, son avocat. Le financement des études de ses deux enfants, dont elle a perdu la garde, ne suffit pas à expliquer la destination du faramineux détournement. Jugement le 9 novembre.http://www.leprogres.fr/rhone/2012/10/13/encore-une-infirmiere-qui-piquait-la-secu-475-000-euros-de-prejudices
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