jeudi 6 septembre 2012

Coup de feu en pleine rue à Pau : un homme blessé

Un Palois d'une vingtaine d'années a été gravement blessé par balle à la jambe, dans la nuit de lundi à mardi, devant chez lui, sur le parking de la résidence Le Manoir, rue Charles-Lecoeur, juste derrière le cours Lyautey. Une violente agression qui ressemble à un règlement de comptes, à laquelle ont assisté, impuissants, plusieurs habitants de cet immeuble HLM de 14 étages.
« J'étais en train de regarder la télé lorsque j'ai entendu comme une explosion. Je suis allée à la fenêtre et, là, j'ai vu trois hommes qui s'engueulaient autour d'une voiture garée au milieu de la route. Tout est allé très vite. L'un des trois s'est mis à courir vers l'immeuble. Les deux autres, dont un portait une cagoule, l'ont rapidement rattrapé. Ils l'ont poussé contre une voiture. Le premier lui a mis un grand coup de poing dans le visage ; le second hurlait « Je vais te tuer ». Il a relevé une sorte de grande tige noire que je n'arrivais pas à identifier dans la pénombre ; l'a pointée vers la victime et lui a tiré dessus, à bout portant », raconte une habitante qui préfère conserver l'anonymat « par peur de représailles ».

Victime connue de la police
Un voisin, qui souhaite se faire appeler Louis (1), confirme. « Dès leur forfait commis, ils se sont engouffrés dans leur voiture et ont pris la fuite, laissant leur victime à terre, gravement blessée à la cuisse. » Horrifiés, les témoins alertent aussitôt les secours et la police. Pris en charge par les pompiers et le Samu, le jeune homme est transporté à l'hôpital de Pau, où il a dû être opéré. Ses jours ne sont pas en danger.
« Il devait se marier dans les prochains jours, mais il semble que cela ne plaisait pas à tout le monde. Il faut absolument retrouver les ordures qui ont fait ça », s'emporte Sadam, une connaissance de la victime qui a grandi à la Résidence du Manoir et y vit toujours avec sa compagne. Décrit comme « poli » mais également comme « une personne trouble » par ses voisins, le jeune homme est connu de la police pour de petits trafics. Son agression a-t-elle un lien avec ces derniers ? L'enquête, confiée à la police judiciaire, le dira. Hier, le parquet se refusait à toute communication sur cette affaire.
D'après nos informations, le véhicule à bord duquel les malfaiteurs ont pris la fuite a été retrouvé peu après les faits. Le duo aurait agi avec une arme de calibre 12, qui pourrait être un fusil de chasse ou un fusil à pompe.
« Le quartier se dégrade »
« Ça fait peur. Imaginez qu'une chose pareille arrive en pleine journée, alors que les petits jouent sur la pelouse ! On se serait cru à Marseille, c'est complètement fou », réagit Julie, une mère de famille qui vit au Manoir depuis près de dix ans et dit sentir « une dégradation du climat depuis quelques années ». Louis, résidant depuis quarante ans, abonde : « On n'avait jamais vu une chose pareille, mais cela ne m'étonne qu'à moitié. Nous sommes tout près de Saragosse, qui a changé ces dernières années : ça traficote de plus en plus. Et comme nous sommes voisins, cela finit par nous éclabousser. » Sophie, habitante au Manoir depuis trente ans, est encore plus sévère. « D'accord notre immeuble est tout beau, rénové, et tutti quanti. Mais ce n'est pas ça le problème : on se sent abandonné. D'ailleurs, on ne voit pas souvent la police dans le secteur. »
Des réactions excédées qui s'appuieraient sur un fond de vérité, selon Joseph Ciluffo, responsable syndical d'Unité-Police-SGP-FO. « Avec la rénovation urbaine de l'Ousse-des-Bois, ça s'est calmé là-bas mais la délinquance s'est déplacée sur Saragosse et ses alentours. Ça monte crescendo depuis 2-3 ans, notamment les trafics, stupéfiants, voitures volées, etc. On intervient à chaque fois, mais cela n'enlève pas le sentiment d'insécurité qui est né. Or, faute de moyens, on ne peut plus faire de prévention sur ces quartiers qui en auraient pourtant besoin », commente le policier qui pointe comme responsables « la disparition de la police de proximité » et « la pression mise pendant des années sur les fonctionnaires pour ne faire que du chiffre ». Moins catégorique, Daniel Domengé, représentant départemental du syndicat policier Alliance, assure qu'« il n'existe pas de zone de non droit à Pau ».
(1) Tous les prénoms ont été modifiés à la demande des intéressés

http://www.sudouest.fr/2012/09/05/il-hurlait-je-vais-te-tuer-811656-4338.php

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