jeudi 9 août 2012

Recherche au pif dans les caves

Opération de recherches de produits stupéfiants et d'armes, hier, dans les caves du quartier de Vivières. Pour aider les militaires, deux chiens ont tout reniflé.
VOILÀ une opération qui avait du chien ! Elle en avait même deux ! Hier matin, sur réquisition du parquet de Soissons, les gendarmes, dont deux équipes cynophiles, ont humé les caves des immeubles des rues Léon-Blum et Jean-Zay, dans le quartier de Vivières, à Villers-Cotterêts. Loba, 3 ans et demi, a mis sa truffe à l'œuvre pour trouver des armes et des munitions. Mani, 4 ans, a flairé les traces de produits stupéfiants.
Premier constat, et pas des moindres, ça a parfois du bon d'être chien. Si ! Et pour une raison que l'on ne soupçonne pas avant d'avoir franchi la porte d'entrée des immeubles et pris la direction des caves. Dans chaque immeuble, c'est un bouquet de fumets puissants, de vapeurs d'urines d'origine diverse, d'effluves en provenance directe des poubelles qui accueillent les narines émues jusqu'aux sinus. Bref, ça pue mais les chiens formés à la détection des armes ou des produits stupéfiants n'en ont, eux, cure : « Ça ne le gêne pas du tout parce qu'il fonctionne par système de discrimination des odeurs. Il maintient sa respiration pour faire le tri », explique le maître de Mani. Le binôme fait partie du groupe d'investigation cynophile, basé à Saint-Quentin.

Tas d'immondices
Ces deux jeunes chiens ont reçu une formation spécifique de quatorze semaines avec leur maître, après un débourrage de trois mois. Pour eux, ce travail sent plutôt la récréation que le labeur : « Il ne cherche pas la matière mais un jouet », souligne le maître de Mani. Loba, elle aussi, part sur la piste d'un joujou qu'elle repère à l'odeur de la poudre, sachant que même une arme neuve a déjà servi au moins une fois, lors d'un essai après la fabrication.
Hier matin, ni Mani ni Loba n'auront véritablement marqué la présence de produits stupéfiants ou d'armes. Ils ont passé au détecteur olfactif toutes les portes et les caves ouvertes. Vu les tas d'immondices dont regorgeaient certaines, on se dit quand même qu'on est mieux sur deux pattes que sur quatre.

« Quelle heure il est déjà ? »
Les deux chiens auront tout de même montré un peu d'intérêt devant une porte ou deux et auront dérangé un squatteur, que ce discret remue-ménage aura difficilement extrait de sa torpeur et de l'obscurité : « Quelle heure, il est déjà ? Parce que je dois aller aux impôts… »
L'opération a mobilisé 17 gendarmes : brigade territoriale de Villers-Cotterêts, brigade de recherche et peloton de surveillance et d'intervention de la gendarmerie de Soissons, sous le commandement du chef d'escadron Olivier Lefebvre. « C'est un quartier où l'on est souvent amené à faire des contrôles comme on en fait ailleurs », explique le commandant Lefebvre. Même si rien n'a été trouvé hier, l'opération menée n'a pas été vaine. Elle aura aussi permis de marquer le territoire.


http://www.lunion.presse.fr/article/aisne/recherche-au-pif-dans-les-caves

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