dimanche 13 mai 2012

Prison pour la terreur de Crécy-en-Ponthieu

Vincent a 18 ans. Il dort en prison depuis vendredi. Trois juges ont décidé de le placer en détention dans l'attente de son jugement, programmé le 15 juin, puisqu'il a refusé de passer en comparution immédiate. Il ne compte pourtant aucune mention à son casier judiciaire, mais trois procédures devant le juge pour enfants. Et surtout un a priori très défavorable...

Vendredi, il devait répondre de violence et de menaces de mort. Ses victimes sont deux amis, dont un handicapé à 90% chez qui il s'est introduit de force le 26 avril. Il les a frappés tous deux, à coups de poing ou en les cognant contre le mur. Le 30 avril, sa mère a fait les frais de sa violence. Elle y est hélas habituée puisqu'il a déjà été convoqué par une juge des mineurs pour des faits similaires. Quand enfin les gendarmes lui sont tombés dessus le 7mai, Vincent s'est rebellé, les a traités de tous les noms, et a même bousculé un des militaires.

«On ne comprend pas qu'il soit encore en liberté»


La juge Briet rapporte les propos du maire de Crécy. «Nous avons beaucoup de soucis avec lui. Du tapage nocturne, des virées à moto la nuit, des tirs à la carabine ou au fusil... Je ne compte plus les plaintes de la population, qui est excédée. On ne comprend pas qu'il soit encore à ce jour en liberté...» La procureure Isabelle Rathouis rapporte les propos des parents de Vincent. Ils ne sont guère plus réjouissants.

«Ils vivent dans la terreur. Les dernières fois où ils ont porté plainte, il les a frappés dès sa sortie de garde à vue, détaille la magistrate. Quand ils savent qu'il a bu, ils rangent à la hâte quelques affaires dans leur voiture. Comme ça, s'il est violent, ils pourront dormir dans le véhicule ou demander refuge à leur famille.»

Vincent écoute ces réquisitions sans ciller. D'un ton calme, il explique qu'il n'a «pas de problème» dans sa tête même s'il convient que depuis un grave accident de la circulation, dont il a été victime «ça ne va pas bien». Avec le même détachement, il reconnaît une consommation quotidienne d'alcool, environ une bouteille de whisky et quelques bières. Il considère que sa mère s'en prend à lui depuis qu'il est petit: «Elle en a toujours après moi». Il minimise sa mauvaise réputation: «C'est un petit village, on m'accuse tout le temps...»

Il reste aussi froid quand le jugement tombe. Sa sœur fond en larmes. Pour tenter d'obtenir un contrôle judiciaire, elle avait accepté de l'héberger. «Seulement s'il ne boit pas. »

http://www.courrier-picard.fr/courrier/Actualites/Info-regionale/Prison-pour-la-terreur-de-Crecy-en-Ponthieu

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