mercredi 11 avril 2012

Une homonymie qui peut leur coûter 3 646 € de gaz

Ce couple établi dans une maison récente de Compertrix vit dans l'angoisse depuis plusieurs mois. Une facture apocalyptique a bouleversé leur quotidien.

LA vie douce, ce n'est plus pour eux. Véronique et Bernard T… sont tendus, sur le qui-vive, depuis qu'ils ont reçu de la part de leur distributeur de gaz une facture de 3 646 euros pour… du gaz consommé par un tiers. Leur homonyme. Un certain Gérard T…, censé vivre à la même adresse qu'eux, et partager le même compteur. Sauf qu'ils affirment n'avoir jamais entendu parler de cet homme, dont ils ont d'ailleurs vainement recherché la trace.
« Dès que je vois une voiture bleue, je sors ! »
Depuis février dernier, leur quotidien est devenu un cauchemar. Ce qui semblait n'être qu'une banale erreur de saisie, ou la fâcheuse conséquence d'une homonymie, se transforme en enfer.
« Dès que je vois une voiture bleue qui passe devant chez nous, je sors ! » se désespère Bernard, « à chaque fois que nous rentrons, nous allons tout de suite vérifier si le gaz n'est pas déjà coupé, alors que nous avons toujours payé nos factures ».
Un stress réel, amplifié pendant les périodes de froid, « car nous avons des enfants en bas âge ». Devant la maison qu'ils ont fait construire à Compertrix, le compteur de gaz est en évidence, à côté de leur boîte à lettres.
Ces derniers temps, le facteur n'apporte pas de bonnes nouvelles. « J'ai appelé GDF Dolcevita, ils m'ont expliqué qu'ils ne comprenaient pas ce qui se passe » souligne Véronique, « j'ai ensuite appelé GRDF à Charleville, et ils ne comprenaient rien non plus ».
Le couple comprend alors que les deux sociétés semblent avoir des problèmes de communication entre leurs services respectifs.
Après avoir pris conseil auprès d'un avocat, un courrier est envoyé à GRDF en recommandé. Le 13 mars, GDF Dolcevita leur adresse une nouvelle fois la facture de 3 646 euros, mais au nom de Gérard T…, avec un coupon pour le prélèvement automatique sur lequel, à sa grande stupeur, apparaît le numéro de compte de Véronique. « Un compte que j'ai toujours eu à mon nom de jeune fille » s'étonne-t-elle.
Une opposition est immédiatement réalisée, comme à chaque fois. Le Médiateur de l'Énergie est sollicité. Le 5 avril, GDF Dolcevita leur fait parvenir une facture de 39,70 euros « pour résilier le compte de ce Gérard T… Mais nous n'allons pas payer pour clôturer un compte que nous n'avons jamais ouvert », l'argument du couple se traduit par une nouvelle opposition sur le prélèvement.

Un simple appel téléphonique

Le même jour, une autre lettre, de GRDF cette fois, leur réclame le paiement de la consommation de gaz supposée. Entre-temps, le Médiateur de l'Énergie leur avait signifié qu'il ne peut être saisi de leur affaire avant le 1er mai, un délai devant être respecté… « Et si on nous saisit l'argent sur le salaire, comment allons-nous faire d'ici là ? » demandent Véronique et Bernard.
« Le plus désespérant dans cette affaire, c'est qu'ils n'ont pas fait le parallèle entre nos factures et celles qui sont établies au nom de Gérard T… : elles sont basées sur le même compteur, ce qui est impossible. Cela prouve pourtant qu'il y a bien une erreur de leur part », Bernard et Véronique perdent patience.
Dans les prochains jours, si le problème perdure, ils porteront leur dossier au tribunal administratif. Les recherches qu'ils ont menées sur ce mystérieux homonyme ont conduit au témoignage d'une personne qui leur a assuré que le compte au nom de Gérard T… avait été ouvert suite à un simple appel téléphonique.
Les services de GDF Dolcevita restaient hier injoignables.
http://www.lunion.presse.fr/article/marne/une-homonymie-qui-peut-leur-couter-3-646-%E2%82%AC-de-gaz

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