«J'en avais tellement marre. J'étais sur une autre planète.» Vendredi dernier, Alain Chireux a «pété les plombs» comme on dit.
Cet homme, dépressif depuis deux ans, ne supportait plus de se retrouver sans travail. Il était aussi en colère parce que le dossier de Pôle emploi qu'il attendait n'arrivait pas assez vite.
Il a mis son gros chien, un berger malinois, dans sa voiture et a quitté son domicile de Nesle, dans l'est de la Somme, pour se rendre à Ham. C'est au siège du Journal de Hamqu'il s'est rendu directement après avoir bu quelques bières.
«Je voulais qu'on m'écoute et trouver du travail», explique Alain Chireux dans le box des prévenus du tribunal correctionnel d'Amiens. Le problème, c'est que cet homme n'a pas vraiment choisi la bonne méthode.
Il est arrivé avec son chien et un couteau dans un sac. Il a brandi l'arme en direction de celui qu'il prenait pour un journaliste et qui était, en fait, le directeur d'une structure associative voisine de l'hebdomadaire.
Le dialogue s'est engagé tandis que la secrétaire prévenait les gendarmes qui sont arrivés en force.
Alain Chireux a dû grandement exciter son chien pour que l'animal morde un militaire à la cheville. Il a ensuite été maîtrisé. Son histoire est celle d'une déchéance, sur fond épisodique d'alcool et de dépression.
Cet état où n'importe quel petit détail devient insupportable et provoque des réactions disproportionnées. Le directeur de l'association, le journaliste du Journal de Ham et la secrétaire n'ont pas déposé plainte contre le prévenu, pour ne pas en rajouter, ont-ils expliqué aux gendarmes.
Le militaire qui a été mordu a obtenu 1000 euros de dommages et intérêts. Me Djamila Berriah, avocate de la défense, a brossé le portrait d'un homme perdu dans la société et dans sa propre vie.
«Je voulais juste qu'un patron pense à moi», a tenté d'expliquer Alain Chireux. Il a été condamné à 3 ans de prison dont 18 mois assortis du sursis et d'une mise à l'épreuve. Il a été maintenu en détention.
http://www.courrier-picard.fr/courrier/Actualites/Info-regionale/Il-voulait-qu-on-s-interesse-a-lui
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