samedi 14 avril 2012

Dix ans de prison pour Cindy Lecointe

Cindy Lecointe a été condamnée hier pour avoir causé la mort de son bébé, en 2000 à Amiens. Elle retrouvera en appel son ex-compagnon.

Comme saisie d'un pressentiment, Cindy Lecointe avait passé le plus clair du temps du délibéré avec sa petite fille, Chloé, dans ses bras. Une enfant coquette et souriante, qui a appris à 17h30 que maman ne serait pas à la maison le soir. La jeune femme de 31ans est sortie du palais de justice non pas en famille mais entre deux policiers. Elle n'a pas rejoint son appartement mais la maison d'arrêt. La cour d'assises de la Somme l'a reconnue coupable d'avoir tué son bébé, en septembre2000, boulevard des Fédérés, à Amiens. Les trois magistrats et six jurés l'ont condamnée à dix ans de réclusion criminelle. Une peine dont elle fera appel, ce qui la renverra, comme prévu, devant d'autres jurés, au côté de son ex-compagnon Cédrik Hardouin. Hier, ce dernier s'est effondré en larmes à l'énoncé du verdict quand la mère de famille restait impassible. Un paradoxe de plus...

Le scénario de l'avocate générale

En fin de matinée, l'avocate générale n'avait pourtant requis que six ans de prison, après un exercice d'équilibriste auquel la contraignait cette procédure chaotique. Voici son scénario : «C'est le samedi soir, elle a dix-neuf ans et demi et elle se retrouve dans dix mètres carrés avec un enfant tandis qu'elle sait que son conjoint s'amuse à l'extérieur. Elle rumine, puis elle pète les plombs». Son conjoint rentre du bal à six heures. Lorsqu'à 10heures du matin, il faut enfin appeler les secours, l'avocate générale en convient, «Cindy Lecointe et Cédrik Hardouin se mettent d'accord sur une version». À savoir la chute dans les escaliers que les médecins démentent aussitôt. L'enfant est mort entre 2h30 et 6h30 selon les légistes. MmeChapelle admet qu'Hardouin, décrit comme violent, a pu tuer, mais elle penche légèrement pour la culpabilité de Cindy. «C'est un coup pour rien et ça me gêne», contre-attaque Stéphane Daquo. Selon lui, on aurait pu trouver une autre solution en2008, quand l'intervention surprise d'une éducatrice spécialisée avait accablé Cindy et blanchi Cédrik: «Suspendre les débats et représenter les deux conjoints au terme d'un complément d'enquête».

Une si mauvaise impression


Au lieu de ça, il doit se battre non contre des preuves, mais contre la pire des charges : une mauvaise impression. «D'accord, rien n'est plus insupportable que de l'entendre répéter "je ne sais plus". Oui, c'est une amnésie stratégique, parce que c'est une question de survie! Soyons clairs: ils n'étaient que deux cette nuit-là, donc l'un d'eux a tué cet enfant.»

Stéphane Daquo lutte essentiellement contre deux témoignages. Celui de l'assistante sociale, d'abord, quand bien même elle est moins catégorique qu'en 2008. Celui de l'ex-logeuse de Cindy et son nouveau compagnon, ensuite. Hier matin, le coup de théâtre annoncé a pourtant tourné au sketch. Il s'agissait de démontrer que Cindy est une mauvaise mère; on a juste découvert que Quentin, l'enfant qu'elle portait quand Kévin est mort, est un gamin très difficile, ballotté de foyer en famille d'accueil, tiraillé entre une mère et un père qui ont tué son frère. À vrai dire, on s'en doutait...
http://www.courrier-picard.fr/courrier/Actualites/Info-regionale/Dix-ans-de-prison-pour-Cindy-Lecointe

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