Les témoignages sont encore rares. Mais les auteurs des dégradations ont laissé plusieurs traces, exploitées à fond par les policiers. D'autres techniques, plus surprenantes, sont déjà envisagées.
LE TRAVAIL des policiers va peut-être rapidement payer. Pour éclaircir ce déchaînement de violence hors du commun, les forces de l'ordre ont déployé d'importants moyens, avec des renforts toujours maintenus cette nuit et la nuit prochaine (dont deux sections complètes de CRS arrivées de Charleville-Mézières).
Le travail de fourmi réalisé depuis le début de l'enquête, ouverte quelques heures après les faits samedi matin, a porté ses premiers fruits malgré le faible nombre de témoignages. Une paire de gants, une canette et une bouteille trouvées sur place viennent d'être envoyées à un laboratoire privé basé à Nantes, pour une analyse ADN.
Trois empreintes de chaussures
Par ailleurs, les relevés réalisés sur les voitures détruites ont permis de distinguer au moins trois empreintes de chaussures différentes. Les dégradations ont donc été réalisées par au moins trois personnes, si les traces observées sur les carrosseries sont bien celles des auteurs du vandalisme.
Par ailleurs, l'appel à témoin lancé par la police vient d'aboutir à un précieux témoignage. Une personne a en effet précisé qu'elle avait cherché à se garer sur le cours d'Ormesson (où 35 voitures ont été partiellement détruites) vers 1 h 45, dans la nuit de vendredi à samedi. Or à cette heure-là, se souvient-elle, aucune trace de destruction n'était encore visible. Les enquêteurs peuvent donc désormais situer plus précisément dans le temps l'action des casseurs. Celle-ci aurait eu lieu après 1 h 45, et avant l'arrivée des pompiers, un peu plus d'une heure après.
L'enquête s'affine
Enfin, le procureur du parquet de Châlons, Christian de Rocquigny, a précisé hier qu'une autre technique était envisagée pour parvenir à des résultats plus précis. Il s'agirait d'analyser toutes les connections de téléphones mobiles enregistrées sur cette plage horaire, dans le périmètre où ont été retrouvés les véhicules saccagés. Une méthode efficace, à condition de disposer des effectifs nécessaires. Car cette solution implique une analyse minutieuse de longs listings téléphoniques. Les policiers doivent ensuite distinguer les individus qui n'étaient que de passage dans les parages, et ceux dont l'implication est plausible. Il faut enfin remonter la piste de chaque téléphone retenu, pour identifier les suspects… La cellule spécialement mise en place ne manquera pas de travail.
Le bilan quasi définitif des dégâts commis au cours des deux nuits du week-end dans le centre-ville s'établit désormais à 48 véhicules dégradés (à des degrés divers), dont 35 au cours de la première nuit, autour du cours d'Ormesson, en face de la préfecture.http://www.lunion.presse.fr/article/marne/casseurs-a-chalons-trois-empreintes-et-dautres-indices
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