En raison du métier qu'il exerce au contact de personnalités difficiles, il ne souhaite pas montrer son visage, mais Nicolas Lohier, 33 ans, affiche une calme détermination. Devant sa maison, un panneau annonce qu'il commençait hier matin une grève de la faim « illimitée ».
D'autres affichent sa colère contre la justice. À Mecquignies, village de 600 habitants proche de Bavay, on connaît les motivations du fils de Jackie, le dernier commerçant de la commune.
Un après-midi de juin dernier, le réparateur et antenniste de 59 ans a été tué d'une cartouche de plombs de chasse dans la tête (lire ci-contre) . Interpellé le lendemain des faits, le meurtrier présumé, Jacques Lempreur, un villageois solitaire, est depuis sous le double régime de la détention provisoire et de l'hospitalisation d'office. Mis en examen pour assassinat par une juge d'instruction de Valenciennes, ce quadragénaire sous traitement médical a eu des déclarations troublantes devant les médecins et les enquêteurs. Affirmant notamment que s'il avait tué Jackie Lohier, c'est parce que les antennes télé que l'artisan posait autour de Bavay auraient envoyé des ondes qui le rongeaient de l'intérieur... Les expertises ont conclu à un « délire chronique hallucinatoire » ayant entraîné chez le meurtrier présumé une action contre un « persécuteur » qu'il avait lui-même désigné. Considéré dangereux, l'homme ne serait cependant pas accessible à une sanction pénale, selon les psychiatres, « des experts auprès de la Cour de cassation », reconnaît Me Alice Cohen-Sabban.
L'avocate de Nicolas Lohier a déposé une demande de contre-expertise dont le fils de la victime attend des résultats depuis septembre. Il apprenait hier que la demande serait parvenue tout récemment à la juge d'instruction... « Ce que je retiens aujourd'hui, c'est qu'en l'état, il n'y aura pas de procès », résume-t-il. S'il a des doutes personnels sur un coup de folie de Jacques Lempreur, dont la cohabitation avec ses voisins était décrite comme normale, il n'accepte pas l'évocation, lue dans le rapport psychiatrique, d'une sortie d'hospitalisation « à moyen terme » et très conditionnée du meurtrier présumé. « S'il sort, qu'est-ce qui me garantit qu'il ne prendra pas la route vers ma maison ou l'école de mes enfants ? » Nicolas Lohier espère par son action radicale obtenir des garanties allant jusqu'à « l'enfermement à vie » de Lempreur. « Peut-être que ça ne sert à rien. Mais là-haut, il y a quelqu'un qui me regarde, et c'est ça qui compte », conclut-il.
http://www.lavoixdunord.fr/Region/actualite/Secteur_Region/2012/03/14/article_le-tueur-presume-declare-irresponsable-l.shtml
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