jeudi 11 août 2011

Prison pour sept agresseurs de policiers

Visages crispés dans la salle, regards amusés dans le box. Hier, au tribunal correctionnel de Meaux, huit jeunes de 18 ans à 25 ans comparaissaient pour une scène d’émeute urbaine dans la soirée du 2 août, près du rond-point des Droits-de-l’Homme, dans le quartier Beauval. L’un d’eux a été relaxé. Les sept autres ont été condamnés à des peines de prison ferme, allant de deux mois à six mois. La plupart assorties de sursis. Six des condamnés ont été incarcérés hier soir. Devant le tribunal, certains, au sourire narquois, ne remarquaient pas la gravité des faits qui leur étaient reprochés. Par provocation, plusieurs jeunes avaient lancé ce jour-là, en direction de la police, « Dégagez, le quartier est à nous! »

Le commissaire Philippe Tireloque, qui a dirigé les opérations, tient à rappeler aux émeutiers que « tant qu’il sera commissaire de police à Meaux, ses hommes iront partout dans la ville, et qu’il ne tolérera aucune zone de non-droit ». Il raconte la flambée de violence qui n’a pas duré plus de vingt minutes mais qui présentait « une rare intensité ».

1 000 € de dégradations


« Tout a démarré avec l’interpellation d’un homme encagoulé qui circulait sur un scooter, explique le commissaire. Rapidement, l’équipage de trois agents s’est trouvé face à de jeunes hommes déterminés qui arrivaient de toutes parts. Ils cherchaient l’affrontement avec la police, venant souvent au contact bousculer les fonctionnaires. Puis, les premiers cailloux se sont abattus sur mes hommes et leurs véhicules. Ils ont appelé du renfort. A leur arrivée, ces derniers ont dû reculer devant la déferlante d’émeutiers qui fonçaient sur leurs voitures en lançant des projectiles. Ils pouvaient être entre trente et cinquante, très mobiles. Les policiers rompus à ce genre d’exercice se sont regroupés et sont repartis au contact. Une vraie guérilla urbaine. Des habitants regardaient, passifs, le spectacle de leur balcon. D’autres n’avaient même pas quitté leur terrasse. C’était irréel. »

Bilan : un policier blessé, des dégradations pour un montant de 1000 €, des gaz lacrymogènes et des tirs de flash-ball. Des tirs dont l’un des prévenus, le bras en écharpe, qui assure être « au mauvais endroit au mauvais moment », se dit « victime ». A l’image de son attitude sévère pendant l’audience, la présidente du tribunal, Catherine Morin, lui répond, visiblement énervée : « Les seules victimes dans cette histoire, ce sont les fonctionnaires de police. » S’adressant durement aux prévenus, elle les avertit : « Les quartiers, tout le monde a droit d’y circuler ou d’y vivre paisiblement. Un jour, un policier prendra peur et utilisera son arme. Nous serons tous là pour le regretter mais vous en porterez une part de responsabilité », a-t-elle lancé. L’un des prévenus, en récidive, n’en menait pas large : « J’ai honte d’être ici », a-t-il déclaré, tandis qu’un autre, déjà blessé, se défendait de n’avoir lancé « qu’un bout de pain ». « On ne prend pas part à ces émeutes par hasard, a tranché la présidente, si on le fait c’est qu’on l’a voulu », a-t-elle terminé.

Difficile de contester les faits pour ces adolescents, puisque ce sont les images filmées par vidéosurveillance qui ont permis de reconnaître les auteurs des troubles et de mesurer le degré de participation de chacun. Une méthode d’enquête contestée par l’avocate pendant sa plaidoirie : « Pourquoi ces six-là et pas les autres? » s’est-elle exclamée, rappelant que certains prévenus ont une situation professionnelle stable et « ne passent pas leur temps à affronter la police ».
http://www.leparisien.fr/seine-et-marne-77/prison-pour-sept-agresseurs-de-policiers-11-08-2011-1561865.php

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