Olivier Detourbe, 50 ans, qui était ivre au moment des faits, l'admet sans façon : « Je l'ai reconnu, c'est lui qui avait été l'amant de ma femme voici sept ans, je les avais trouvés nus chez moi ! Je lui ai demandé des explications, il m'a injurié. » Après plusieurs « va te faire e... » lancés par la future victime, le prévenu passe à l'action : « Je l'ai poussé du haut de l'escalator », dit-il. L'homme tombe la tête la première sur les marches métalliques et se retrouve très mal en point. Durant les premières heures qui ont suivi l'intervention des secours, le pronostic vital était d'ailleurs réservé. Aujourd'hui, la victime est sauvée et le médecin légiste évoque plutôt dix jours d'immobilisation totale.
Hier, dans le box, le prévenu n'en démord pas : « Je regrette mais, vraiment, il m'a injurié. » Quant à la victime, elle ne se souvient de rien : ni des injures supposées, ni de l'adultère évoqué. Quant aux témoins, ils ont été très impressionnés par la scène aussi violente que sanglante.
« Ma copine a dû rentrer chez elle, elle ne se sentait pas bien du tout », explique un témoin aux policiers.
Évidemment, du côté de la procureure Carole Pautrel, on apprécie médiocrement l'attitude d'Olivier Detourbe qui a sombré dans l'alcool et la marginalité.
D'autant que le prévenu alcoolique a déjà été condamné à plusieurs reprises pour des violences. Notamment sur son ex-épouse. Elle est d'ailleurs morte entre-temps. « À cause de vos violences ? » s'enquiert le président Hoc Pheng Chhay. « Non, elle est morte d'une cirrhose du foi », objecte le prévenu.
Toujours est-il que l'homme poussé du haut de l'escalator, atteint de plusieurs fractures à la face, n'est pas près de retrouver une vie normale. Le prévenu dit regretter. « Je suis descendu pour voir comment il était, sa tête bougeait encore un petit peu », raconte le prévenu. Ce dernier admet que, ce jour-là, il avait éclusé une quinzaine de bières et une bouteille de rosé. Côté victime, on constate plutôt une ivresse due à la vodka, si économique dans les supérettes.
La procureure Carole Pautrel, étant donné les précédents au casier, réclame la peine plancher, soit trois années de prison. Mais la magistrate admet que, dans ces trois ans, on puisse trouver un peu de sursis avec mise à l'épreuve.
Me Anne-Claire Caron relativise : « Il n'est quand même pas facile pour un homme de trouver sa femme nue au lit avec un amant ; pour mon client, le mariage a encore une certaine valeur. » Au final, le prévenu s'en sort avec trente-six mois de prison dont dix-huit avec sursis et mise à l'épreuve
http://www.nordeclair.fr/Actualite/Justice/2011/06/15/vengeance-dans-l-escalator.shtml
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire