jeudi 5 mai 2011

L'enfant enlevé à Cahors raconte : "Il a menacé de me tuer"

Encore sous le choc, le garçon de 11 ans enlevé par un pédophile récidiviste témoigne de son calvaire. De longues heures d'angoisse, entre Cahors et Limoges.
Deux jours après son enlèvement (lire « La Dépêche du Midi » d'hier), le jeune D., 11 ans demeure profondément choqué. Sa famille l'entoure, consciente qu'elle n'aurait peut-être jamais pu le serrer à nouveau dans les bras. D. est replié sur lui-même, encore très fatigué par le calvaire qu'il a vécu de lundi après-midi à mardi matin, quand les policiers de Limoges les ont retrouvés, lui et son ravisseur, sur une bande d'arrêt d'urgence de l'autoroute A20.
« Habituellement, il rentrait vers 19 heures. Là, il n'est pas revenu, expliquent les parents du garçon, son oncle et son cousin. Toute la famille, avec des amis, on a cherché partout. À 22 heures, on a averti la police. On a eu beaucoup de chance. Que ce serait-il passé s'il avait été amené à Paris ? C'était fini, jamais on ne l'aurait retrouvé !
Entendu hier matin puis hier après-midi par les enquêteurs, le garçon, manifestement traumatisé, raconte son épreuve par bribes.
Tout a commencé lundi après-midi, quand sa maman (son père était au travail en Dordogne) l'a autorisé à jouer avec des amis au parc municipal Albert-Tassart à Cahors : « Quand mes copains sont partis, il est venu vers moi. Je l'avais déjà vu. Il a menacé de me tuer si je ne venais pas avec lui ».
Gilles Caignard, 50 ans, domicilié non loin du parc aurait jeté le vélo du garçon dans le Lot avant d'entraîner D. jusqu'à la gare : « Il voulait monter dans un train mais un contrôleur n'a pas voulu. On n'avait pas de billet ».
C'est là que le système de videosurveillance de la gare les filme. Une indication précieuse, qui a très tôt permis aux enquêteurs de savoir que le garçon n'était pas parti seul.

« Il voulait m'amener à Paris chez son frère »

« On a beaucoup marché. Il me tenait fort par le bras. Après, avant la nuit, on a fait du stop. Il y a eu cinq ou six voitures. Que des hommes. Quand les gens posaient des questions, il me mettait la main sur la bouche et disait que j'étais son fils ».
« Il a dit qu'il voulait m'amener à Paris, chez son frère, mais il ne m'a pas dit pourquoi. Il disait que c'est pour lui qu'il avait des jouets dans son sac. La dernière voiture nous a amenés à Limoges. On a passé la nuit dans l'herbe. J'ai presque pas dormi. Je pensais qu'à revenir à la maison. J'ai réfléchi pour partir mais il me surveillait. Il n'a pas dormi de toute la nuit. Quand les policiers sont venus, il m'a dit de leur raconter que j'étais son neveu, sinon il allait me tuer ».
Hormis les menaces verbales de Gilles Caignard à son encontre et le fait qu'il l'a plusieurs fois tenu par le bras, D. indique ne pas avoir subi de violences ni d'agressions sexuelles.
« à ce stade de l'enquête, l'expertise médico-légale pratiquée sur le mineur n'a pas révélé que celui-ci ait pu être victime de violence de nature sexuelle », a confirmé hier dans un communiqué le procureur de Cahors.
Soulagée, la famille du petit garçon veut désormais remercier « ceux qui nous ont aidés à chercher, les enquêteurs et l'automobiliste de Limoges qui a donné l'alerte. On veut dire aux familles de toujours garder un regard sur les enfants, car tout peut arriver, n'importe quand ! »
http://www.ladepeche.fr/article/2011/05/05/1074845-L-enfant-enleve-a-Cahors-raconte-Il-a-menace-de-me-tuer.html

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