Un gendre, au demeurant, pas rancunier puisque quelques mois plus tôt, son beau-père lui avait… planté un couteau dans l’avant-bras à l’issue d’une précédente biture commune. « Des faits rigoureusement symétriques », convient M e Roy, l’avocat du prévenu. Pour cet épisode, René Lacroix avait été condamné à 10 mois de prison avec sursis, le 13 janvier dernier.
Manifestement, l’avertissement, comme l’anisette, semble s’être dissous dans l’eau. « Je suis un malade », renifle encore le prévenu à la barre. « Je suis alcoolique. Quand je ne bois pas, je suis doux comme un mouton ». Hélène Paüs, juge assesseur, fait remarquer au quadragénaire que tous les gens qui sombrent dans l’alcool ne sont pas violents. « C’est, aussi, dû à ce que j’ai vécu dans mon enfance. J’avais 5 ans quand mes parents ont divorcé. Je suis devenu la tête de Turc de ma mère. Elle me donnait des coups de balai sur la tête… »
Ce 17 avril, après huit heures à voir vider avidement les verres et les flacons, la fille de René Lacroix estime que le moment est venu de siffler la fin des réjouissances et de regagner ses pénates. D’autant que sa fille de 7 mois fatigue. Le père de la petite se lève. « Eh, tu vas pas partir ! On vient à peine de commencer », lance le beau-père (qui a alors 2,16 g d’alcool dans le sang) avant de balancer, de dépit, un briquet puis un cendrier en forme de coquille saint-jacques. Laquelle rate le gendre mais pas l’enfant qui se trouve dans la ligne de tir. Résultat : une balafre à la Albator avec six points de suture au dessus et en dessous de l’œil gauche. Et une possible cicatrice à vie.
Lorsque le président Troilo exhibe la photo du bébé, René Lacroix sanglote de plus belle. Au ministère public, Lionel Pascal pèse le pour et le contre : envoyer ou non en prison ce récidiviste qui encourt trois ans selon la peine plancher. Dans ce cas, la famille qui vit des revenus exclusifs du quadragénaire, risque de sombrer encore plus. Sacré dilemme ! Le procureur réclame cependant trois ans de prison dont deux avec un sursis mise à l’épreuve et dit ne pas être hostile à un aménagement pour l’année ferme requise. L’avocat de la défense parle de « gâchis » et « d’un climat familial où chacun à ses torts ».
Le tribunal a tranché. Ce sera 10 mois ferme.
http://www.estrepublicain.fr/fr/franche-comte/info/5041809-Montbeliard-Quel-gros-con-je-suis-C-est-ma-petite-fille-la-prunelle-de-mes-yeux
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