Au lendemain de l’hospitalisation de la mère de famille forcenée de Sainte-Colombe à Saint-Jean-de Dieu à Lyon, on ignore toujours les raisons profondes de son geste. Lundi, vers 11 heures, cette femme de 45 ans s’était barricadée dans son appartement de la résidence Aimé-Ruf, située juste en face de Vienne (Isère). Armée et fortement alcoolisée, elle menaçait de se suicider en faisant exploser l’immeuble. Des menaces prises au sérieux et qui avaient mobilisés pendant neuf heures, pompiers, gendarmes et unités d’élite. Les négociations ayant échoué, l’assaut avait été donné et la forcenée neutralisée.
Hier, son employeur, dirigeant d’une entreprise de sécurité dans les environs de Vienne, ne s’avouait pas surpris par le drame. « C’est une femme bien qui n’a pas été gâtée par la vie et qui était dans une mauvaise passe. Elle était en déprime ». Absent au moment du drame, il a été informé le soir par le maire puis a consulté sa messagerie. A 12 h 30, son employée, qui travaillait comme agent de sécurité et d’accueil, l’avait appelé : « Les gendarmes sont venus, j’espère que tu ne me les as pas envoyés ! Sinon tu vas le payer cher ». Elle n’a pas l’air de plaisanter mais son patron ne se formalise pas. « C’est sa façon de parler », explique-t-il. « Si j’avais été là, j’aurais pu arranger les choses avec mon collègue ». Pour cet homme, qui connaît la mère de famille depuis quinze ans, pas de doute : « Elle n’aurait jamais été capable de tirer sur elle ou les autres. Mais de voir tout ce monde, ça a dû la briser ». Non, il ne reconnaît pas son employée dans l’image laissée d’elle par les médias. Séparée de son époux depuis une dizaine d’années, elle vivait avec le plus jeune de ses fils. « Ce n’est ni une ivrogne, ni une forcenée. Elle a du cœur, des qualités. Je l’ai connue joyeuse et sympathique. Pour moi, c’était un très gros appel au secours. »
Le dimanche, il avait reçu un appel. En arrêt maladie depuis un mois pour un problème de genou, elle supporte mal d’être immobilisée et lui demande des conseils pour soigner la douleur. Très lucide, elle ne laisse rien paraître de ses intentions du lendemain. Un appel « habituel simplement pour parler », confie son employeur. Comment alors expliquer son geste de folie ? Une crise d’angoisse pour son patron. Un mystère, pour l’heure, pour les enquêteurs.
http://www.leprogres.fr/rhone/2011/05/11/forcenee-de-sainte-colombe-c-etait-un-appel-au-secours
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire