Julien Legrand, le chauffard, responsable de la mort de Steven Villain, a été condamné jeudi à deux ans de prison ferme.
Un homme « froid et déterminé ». C'est ainsi que Frédéric, le passager de l'Audi 80, qualifie Julien Legrand lorsqu'il se rend chez lui au lendemain de l'accident qui a coûté la vie à Steven Villain. Déterminé à ne pas affronter ses responsabilités, d'après lui.
C'est avec la même froideur qu'il est revenu sur les circonstances du drame jeudi lors de son procès. D'une voix monocorde, il a raconté en détail et sans émotion la chronologie de ce soir du 22 mars. « Après Gauchy, j'ai accéléré. Je n'avais pas les yeux sur le compteur mais on était sans doute à 130 km/h. Mais j'ai décéléré juste avant le pont quand j'ai vu les phares d'une voiture au loin. Le vélo était à peu près 300 mètres après le pont. J'ai vu le vélo au dernier moment. Il n'était pas éclairé du tout. J'ai essayé de l'éviter à la dernière seconde ».
Malgré ces précisions, l'homme de 29 ans ne veut toujours pas endosser la responsabilité de l'accident. Lorsque le procureur lui pose directement la question, il répond : « C'est la faute aux circonstances. Il aurait eu un gilet, je l'aurai vu. » Stupeur dans l'assistance. « C'est un accident qui peut arriver à tout le monde. On ne peut pas deviner que quelqu'un va arriver devant nous. »
La carapace se fissure ensuite lorsqu'il évoque la fuite qui a suivi. Les regrets sont là. La voix se fait plus tremblante. « Je pensais échapper à mes responsabilités. C'est horrible je sais. Je ne pouvais pas me dire que j'étais impliqué dans un accident mortel c'était inconcevable. » Ce manque de courage est « inquiétant » aux yeux de l'avocate de la famille des victimes, Me Sylvie Racle. « C'est la différence entre les êtres humains. Il y a ceux qui pensent aux autres et ceux qui pensent à eux. Vous n'avez pensé qu'à vous. »
Chiffres à l'appui, le procureur a tenté de démontrer que l'accident était dû à la vitesse. Et d'arriver à cette conclusion : « Même si Steven était habillé de bandes fluorescentes de la tête aux pieds, à l'allure où vous rouliez, l'accident serait survenu quand même », a assuré Damien Savarzeix avant de réclamer trois ans de prison ferme.
En revanche pour Me Laurent Priem, le défenseur de Julien Legrand, aucune preuve ne permet d'assurer que la vitesse était excessive. « Le cycliste n'était pas éclairé. Même à vitesse réglementaire, il n'aurait pas pu l'éviter. »
Les juges ont estimé que le conducteur roulait à une vitesse excessive et l'ont condamné pour homicide involontaire et délit de fuite à trois ans de prison, dont un an avec sursis. Julien Legrand est donc coupable sans se sentir responsable.
"TU DIS RIEN, C'EST UNE BICHE"
Fréderic, le passager de l'Audi a été puni de six mois de prison avec sursis pour non-assistance à personne en danger. La décision de prendre la fuite après le choc, il ne sait plus qui l'a prise. « J'étais sonné. J'étais pas lucide pour décider. Je suis resté cloîtré chez moi toute la nuit et le lendemain. »
Son témoignage est particulièrement accablant pour Julien Legrand : « Je me rappelle d'une chose juste après le choc, il m'a dit : « ma voiture elle est morte. » Quand il m'a ramené chez moi, il m'a dit : « tu dis rien c'est une biche. », alors j'ai dit qu'on avait renversé une biche, comme un con ».
Le jeune homme confirme aussi la volonté du conducteur de se débarrasser de la voiture. « Le soir je suis allé le voir pour lui dire de se dénoncer, il m'a répondu : ce soir ma voiture elle est brûlée. »
http://www.aisnenouvelle.fr/article/faits-divers-%E2%80%93-justice/deux-ans-de-prison-pour-le-chauffard
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