Suite à un vaste incident de surpression sur les canalisations mardi dernier, quelque 284 logements du quartier Méaulens - Saint-Géry, situé en centre-ville d'Arras, sont privés de gaz. Sans chauffage, sans cuisinière et sans eau chaude, la vie quotidienne s'organise. Dans la débrouille. Et pour une bonne quinzaine de jours.
Nino ne s'en souviendra pas, de ses premiers jours si particuliers. Mais ses parents oui. « Je suis sortie de la maternité le jour de l'évacuation, à peu près à l'heure où ça s'est décidé, raconte Lucinda, sa maman. Au moment d'arriver dans le quartier, j'ai vu qu'on ne pouvait pas rentrer chez nous. Alors on a dû aller chez ma mère qui n'avait pas de couffin. On a dû prendre un berceau pour baigneur. » Depuis, c'est un peu la galère. « Pour mes deux autres enfants, on va à la piscine deux fois par semaine pour prendre une douche. Là, Pas-de-Calais Habitat nous a installé un petit cumulus qui produit quinze litres d'eau chaude par jour. Ce qui est très, très peu. Donc je pense que je vais continuer à aller chez une voisine au bout de la rue qui a de l'eau chaude. Mais comme des amis font la même chose, elle va en avoir marre », plaisante-t-elle. « Même si le problème, c'est le chauffage. Le pauvre petit, il a dix jours. Aujourd'hui, il fait un peu froid, 15 °C dans la maison. C'est une vieille batisse, avec les boves dessous. Donc je lui ai mis des chaussettes aux mains, une layette, sa grenouillère, une couverture. Et je crois que le papa stresse tellement qu'il va lui mettre un bonnet », sourit-elle malgré tout.
Dans cette autre résidence, qui appartient à Pas-de-Calais Habitat, des ouvriers installent des petits cumulus et des plaques électriques ont été fournies par l'office. Pas suffisant pour Morgan Vivier : « J'ai deux enfants en bas âge, donc je vais continuer à aller dormir chez ma soeur. Ce qui n'est pas simple... » La mairie d'Arras et GrDF travaillent main dans la main pour aider ces sinistrés du gaz. Des agents assurent du porte-à-porte pour demander les besoins. « On nous demande des convecteurs et des plaques électriques », rapporte-t-on au bout du standard municipal mis en place pour l'occasion.
Marie-Lise n'a rien demandé, elle a rallumé sa cheminée. En revanche, pour Roger et Marie-Reine Delevaque, c'est plus compliqué. Ils ont reçu leur chauffage électrique promis (notre édition de samedi), qu'ils ont mis dans la salle de bains. Mais pour se laver, c'est à l'ancienne, avec la bouilloire. « Les voisins nous ont proposé de venir prendre la douche chez eux. Mais à 82 et 83 ans, on n'aime pas bien se déplacer, changer nos habitudes », confie Roger. « Et puis on est diminués. Moi, mes jambes ont du mal à me porter.
» En revanche, en rentrant chez eux, ils tombent sur un petit mot d'un voisin qui leur propose d'aller porter leurs poubelles au bout de la rue pour qu'elles puissent être ramassées malgré les travaux. « En tout cas, ce que les gens sont gentils ! » Personne n'en veut à personne. Les Arrageois prennent leur mal en patience, se dépatouillent et espèrent que les températures remontent. de ce côté-là, les prévisions sont bonnes.
http://www.lavoixdunord.fr/Region/actualite/Secteur_Region/2011/05/17/article_ces-arrageois-contraints-de-se-debrouill.shtml
Se laver dans la cuisine
À deux maisons de là, Yvette prend les choses avec moins de philosophie. « Mon mari est gravement malade et il fait frais. Alors on fait ce qu'on peut, on vit dans une pièce, on ouvre un minimum les portes. » Et pour se laver ? « On fait chauffer de l'eau car on a des bouteilles de gaz, et on fait ça dans la cuisine. » Dans cette rue, il y a aussi beaucoup de bruit. Pour une bonne cause puisqu'il s'agit des travaux. GrDF s'est fixé le challenge de changer les 1 500 mètres de canalisations en quinze jours alors qu'il faudrait normalement deux mois pour un tel chantier. Alors ça bosse dur, du matin tôt au soir 20 h.Dans cette autre résidence, qui appartient à Pas-de-Calais Habitat, des ouvriers installent des petits cumulus et des plaques électriques ont été fournies par l'office. Pas suffisant pour Morgan Vivier : « J'ai deux enfants en bas âge, donc je vais continuer à aller dormir chez ma soeur. Ce qui n'est pas simple... » La mairie d'Arras et GrDF travaillent main dans la main pour aider ces sinistrés du gaz. Des agents assurent du porte-à-porte pour demander les besoins. « On nous demande des convecteurs et des plaques électriques », rapporte-t-on au bout du standard municipal mis en place pour l'occasion.
Marie-Lise n'a rien demandé, elle a rallumé sa cheminée. En revanche, pour Roger et Marie-Reine Delevaque, c'est plus compliqué. Ils ont reçu leur chauffage électrique promis (notre édition de samedi), qu'ils ont mis dans la salle de bains. Mais pour se laver, c'est à l'ancienne, avec la bouilloire. « Les voisins nous ont proposé de venir prendre la douche chez eux. Mais à 82 et 83 ans, on n'aime pas bien se déplacer, changer nos habitudes », confie Roger. « Et puis on est diminués. Moi, mes jambes ont du mal à me porter.
» En revanche, en rentrant chez eux, ils tombent sur un petit mot d'un voisin qui leur propose d'aller porter leurs poubelles au bout de la rue pour qu'elles puissent être ramassées malgré les travaux. « En tout cas, ce que les gens sont gentils ! » Personne n'en veut à personne. Les Arrageois prennent leur mal en patience, se dépatouillent et espèrent que les températures remontent. de ce côté-là, les prévisions sont bonnes.
http://www.lavoixdunord.fr/Region/actualite/Secteur_Region/2011/05/17/article_ces-arrageois-contraints-de-se-debrouill.shtml
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